Ça se joue vraiment entre l’exécutif et le parlement. Le duel entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye s’intensifie de plus en plus. Alors qu’un groupe de députés de la majorité a déposé une proposition de loi contraignant désormais tout chef d’Etat à déclarer son patrimoine au début mais aussi à la fin de son mandat, avec publication des dits documents par le Conseil constitutionnel, Bassirou Diomaye Faye a tout simplement riposté avec un amendement, qui élargit la mesure au Premier ministre mais aussi au président de l’Assemblée nationale. Après tergiversations et acerbes critiques, la majorité des députés a voté en faveur de cet amendement.
L’une des affaires sur lesquelles les députés doivent se pencher durant la session extraordinaire, ouverte lundi dernier, est une proposition de loi portant modification de l’article 37 de la Constitution. Les parlementaires étaient d’ailleurs en commission hier pour examiner ledit texte, en présence du ministre de la Justice, Me Moussa Sarr. Ce dernier n’a néanmoins pas facilité la tâche à Ousmane Sonko et sa majorité. Me Sarr a en effet introduit un amendement pour élargir l’obligation de déclaration de patrimoine aux principales autorités de l’État.
Dans l’amendement à la proposition de loi pour la modification de l’article 37 de la Constitution, présenté par le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, il est proposé d’étendre cette obligation au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre.
Si l’on se réfère au texte, le président de la République doit déposer une déclaration écrite de patrimoine dans les trois mois suivant sa prestation de serment, puis une nouvelle déclaration dans les trois mois suivant la fin de ses fonctions.
L’amendement précise que les mêmes dispositions seraient applicables au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre. Les déclarations seraient rendues publiques par le Conseil constitutionnel.
Le gouvernement, représenté par le ministre de la justice, Me Moussa Sarr, justifie cette extension par la volonté de renforcer la transparence dans la gestion publique, de prévenir les conflits d’intérêts et de consolider la confiance des citoyens dans les institutions.
Guy Marius Sagna crie au piège
Dès que l’amendement a été annoncé par Me Moussa Sarr, Guy Marius Sagna est sorti de ses gonds pour crier au piège. Pour lui, on ne peut pas inclure le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre dans l’Article 37 de la Constitution qui traite exclusivement du Président de la République. Pour lui, c’est un piège. Il est suivi dans ce sens par le député auteur de la proposition de loi, Amadou Bâ. Après quelques minutes de débat, une suspension de séance a été observée. Au retour, Me Abdoulaye Tall a pris la parole pour dire que l’exécutif veut les mettre en mal avec la population, mais pour prouver leur ouverture, la majorité va accepter l’amendement.
L’opposition s’abstient
Pour sa part, l’opposition n’a pris part pour aucun camp. Elle a préfére s’abstenir. Finalement, l’amendement du gouvernement présenté par Me Moussa Sarr a été voté en attendant la plénière. Abdou Mbow, membre de la commission des lois, a encore déploré qu’au moment où les urgences attendent, «Pastef et son excroissance Kiiraay utilisnt les institutions de la République pour des règlements de comptes politiques»
Nd. Kh. D. F