NON RESPECT DES ACCORDS DE 2014: Les enseignants mobilisent et déversent leur colère sur Macky Sall

Ils avaient pris date pour ce vendredi 16 février et ils ont mis à exécution leur menace de chauffer les rues de Dakar. Malgré la distance qui sépare la plupart d’entre eux de la capitale sénégalaise, les enseignants ont rallié Dakar pour crier leur ras-le-bol, face au non-respect des accords signés depuis 2014.



 
 
Foulards rouges sur la tête, brassards de même couleur au bras et au poignet, les enseignants ont crié leur ras-le-bol hier dans les rues de Dakar. Et pour l’occasion, ils ont déversé leur bile sur Macky Sall, Serigne Mbaye Thiam, Amadou Bâ et Mariama de la Fonction publique. Dès que leurs noms sont prononcés dans les discours, c’est des «wou, waa» (huées) à n’en plus finir. Les secrétaires généraux du Saems, du Cusems, du Sels, du Sels/A, de l’Uden et du Snelas/Fc, ont crié haut et fort que Macky Sall n’aura de répit qu’une fois respectés les accords signés avec les syndicats en 2014.
 
«M. le Président, vous n’avez pas été élu par l’Apr, le Ps ou le Pds. Mais par ce digne peuple du Sénégal» 
 
Abdoulaye Ndoye du Cusems, au terme de la procession qui les a menés de la place de la Place de l’Obélisque à la Rts, déclare que de la même manière que les cheminots, en 1947, après 160 jours de résistance, de grève de faim, de répression, étaient parvenus à faire plier le colon, c’est de la même manière, avec l’unité retrouvée des syndicats dits représentatifs, qu’ils amèneront le gouvernement à satisfaire toutes leurs revendications. «M. le Président Macky Sall, notre Président, les enseignants ont versé leur sang pour l’indépendance du Sénégal. Les enseignants ont participé de manière significative à la construction du Sénégal. Camarades, si nous voulons avoir un développement économique, social et culturel, il nous faut avoir un développement des connaissances, donc de l’école. Victor Hugo disait : ‘’si vous ouvrez une école, vous fermez une prison’’. M. le président de la République, vous n’avez pas été élu par l’Apr. Vous n’avez pas été élu par le Parti socialiste ; vous n’avez pas été élu par le Pds. Mais par ce digne peuple du Sénégal», a laissé entendre Abdoulaye Ndoye.
 
Appel aux candidats à la Présidentielle de 2019
 
 
Abdoulaye Ndoye s’est aussi adressé aux candidats à la prochaine présidentielle. Le secrétaire général du Cusems leur a demandé de bien vouloir penser à un programme pour l’école sénégalaise. Sinon, ils n’auront pas le vote des enseignants. «Je voudrais ici dire aux candidats à la prochaine élection présidentielle qu’ils doivent obligatoirement présenter un programme pour l’école et se prononcer sur la crise scolaire. On n’acceptera plus d’être un bétail électoral. Nous sommes le savoir. Nous sommes l’avenir de l’humanité ; nous avons réponse à toutes les crises. On ne peut pas avancer sans les enseignants. Ceux qui veulent donc diriger le Sénégal doivent se prononcer sur la crise», a-t-il dit.
 
Saourou Sène : «Nous continuerons la mobilisation jusqu’à la victoire finale»
 
Pour sa part, Saourou Sène, le secrétaire général du Saems, a descendu les tenants du pouvoir. Il affirme en effet que contrairement à ce que pensent les gens qui les taxent de maîtres-chanteurs ou de faire dans la surenchère, les enseignants sont bien dans leurs droits. «Je vais profiter de cette assemblée pour répondre à ceux qui considèrent que nous faisons de la politique ou de la surenchère», a dit Saourou Sène. Selon lui, c’est en 2014 que des accords réalistes et réalisables ont été signés et jusqu’à présent, rien. «Le système de rémunération des agents de la fonction publique sénégalaise a fait l’objet d’une étude et le document final est entre les mains du chef de l’Etat depuis 2015. Nous en avons assez et nous avons décidé d’en finir avec ce gouvernement de Macky Sall. L’indemnité de logement des enseignants va changer, sans quoi, nous maintiendrons cette mobilisation jusqu’à la fin de l’année. Ce malaise enseignant, il nous appartient de le régler, parce que nous sommes dans le secteur. Il nous appartient de corriger le regard que l’Etat du Sénégal a vis-à-vis des enseignants. L’intimidation ne passera pas ! Les ponctions sur salaires ne passeront pas, les réquisitions, non plus. Nous le disons ici et de manière solennelle que si le gouvernement a opté pour la confrontation, qu’il comprenne que nous sommes déjà sur le terrain. Nous continuerons la mobilisation jusqu’à la victoire finale».
 
«Les enseignants sont debout»
Le représentant de l’Uden à cette rencontre d’ajouter que la lutte va continuer. «Je vais dire simplement à ce Président, Macky Sall, qui a été élu pour porter les destinées du Sénégal, que les enseignants sont debout comme un seul homme pour faire face. Faire face aux menaces, aux intimidations, pour redorer le blason de la dignité enseignante. Aujourd’hui, l’école est debout, la communauté éducative est debout». Souleymane Diallo du Sels, pour sa part, de dire à Macky Sall : «on ne peut pas gérer un pays et ignorer la rue. On ne peut pas gérer un pays et ignorer l’école. Tout comme on ne peut pas gérer un pays et ignorer les enseignants».
Madou MBODJ
 
 
 
 

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