C’est la grande colère au sein des leaders de la Coalition Diomaye Président qui ont rejoint Kiiraay Les Patriotes Républicains. En cause, les dernières nominations qui les ont laissés en rade au profit des ralliés de la dernière heure. Dans leur panel, depuis vendredi, c’est une rébellion ouverte de gens qui parlent de déconsidération de la part de Diomaye Faye, qui n’a même pas eu la courtoisie de les recevoir depuis qu’ils se battent à ses côtés.
Les ralliements, nombreux, au sein de la nouvelle formation présidentielle, cachent une grosse frustration des alliés qui étaient aux côtés du président de la République depuis le début. Les causes de ces frustrations sont nombreuses : manque de considération, manque d’informations, et depuis jeudi dernier, snobisme.
Aucune audience avec les leaders de Diomaye Président
En fait la frustration ne date pas d’aujourd’hui. Depuis le début de la rupture avec Ousmane Sonko et le Pastef, les leaders restés fidèles à Diomaye Faye et engagés auprès de la superviseure générale Aminata Touré regrettent de n’avoir jamais été reçus par le président de la République. Aucune rencontre : ni officielle ni officieuse. Même pas une délégation de leaders pour représenter la grande masse. Pire, déplorent nos interlocuteurs, même pour la création du nouveau parti, Diomaye n’en a pas discuté avec eux. C’est lors d’une audience avec les maires qu’il a donné l’information en leur demandant d’y adhérer afin d’être des membres fondateurs. Pour la Coalition Diomaye Président de l’époque, rien. Ni information, ni consultation, rien. ‘’La courtoisie voudrait qu’il nous en parle d’abord, qu’il en discute avec nous avant de le dire aux maires. C’est dans la presse que nous avons appris la création du parti », fustige un interlocuteur. Un autre d’embrayer : « même la rencontre du 8 août, nous l’avons apprise par voie de presse. Malgré cela, nous nous sommes mobilisés pour y aller. Il n’a même pas eu un mot pour nous ». Pire, se désole-t-il, chaque matin, on se réveille avec des Unes des journaux ou des posts Facebook qui nous informent des audiences qu’il accorde à des gens qui non seulement n’ont pas plus de mérite que nous, mais ils n’ont ni crédibilité, ni base, ni apport quelconque.
Les nominations de jeudi dernier : la goutte d’eau de trop
Mais ce qui est resté en travers de la gorge de beaucoup de leaders, ce sont les mesures individuelles du dernier conseil des ministres tenu exceptionnellement jeudi 10 septembre. Les derniers venus ayant été nommés aux postes les plus juteux, le groupe WhatsApp de la coalition a failli exploser. Même les plus conciliants s’y sont mis avec une ardeur qu’on ne leur soupçonnait pas. L’un d’eux, B.D, n’y est pas allé de main morte : « si l’énorme frustration de la majorité de ceux qui ont cru au chef de l’Etat dès les premières heures de la division et d’autres bien avant la présidentielle n’est pas entendue, si les bruits qui résonnent jusque dans les salons ne sont pas entendus, si le recul de beaucoup de ceux qui étaient engagés n’interpelle pas, notre réveil risque d’être brutal lorsque le vase sera plein ». Son post est repris par P.D qui lâche : « il faut entendre le silence, la frustration et le recul de nombreux camarades (…). La frustration qui grandit ne doit pas être minimisée ». I.C confirme : « le silence n’est pas signe de faiblesse. Les appels, les interrogations des uns et des autres sont nombreux. La patrie d’abord, mais il y a un minimum de considérations que les gens demandent. J’espère que Son Excellence sera bien informée car les gens qui étaient là hier et qui sont toujours là méritent respect et considération. Un autre leader d’y aller en wolof : « golo di bey baabun di dunde mo wara jeex ci rewmi » (ndlr : nègre travaille blanc bouffe doit cesser). I.S est catégorique : « nous qui étions là dès les premières heures, nous devrions être solidaires et ne pas accepter d’être réduits à néant ».
Des positions partagées par beaucoup de leaders qui ont mis des cœurs sous les posts.
Nd. Kh. D. F