NÉMÉKOU TOUR DU PRÉSIDENT DE PASTEF-LES PATRIOTES : À Fissel, Ousmane Sonko enflamme les foules, entre colère politique, annonces et démonstration de force




 
 
 
En déplacement dans le département de Mbour, dans le cadre de son «Némékou Tour», Ousmane Sonko a livré, samedi, une séquence politique d’une rare intensité. A Fissel, le leader de Pastef-Les Patriotes a encore fait du sien dans des discours offensifs qui marquent une nouvelle étape dans sa gouvernance.
 
 
 
«Il faut que les criminels financiers répondent»
 
C’est dans la commune de Fissel que la journée a débuté, avec l’inauguration du nouveau siège de Pastef. Devant une foule acquise à sa cause, Ousmane Sonko est revenu sur la reddition des comptes. «On veut qu’on pardonne leurs actes, mais il faut qu’on en parle pour que la population sache ce qui s’est passé et puisse moduler ses exigences», a-t-il lancé, appelant à une transparence totale dans la gestion des affaires publiques. Dans une charge frontale, il a qualifié certains responsables de «criminels financiers», insistant sur la nécessité d’une réponse judiciaire ferme. «C’est ce qu’ils sont, et ils doivent être poursuivis par la justice sénégalaise. Il faut qu’ils répondent de leurs actes». Pour le Premier ministre, la lutte contre la corruption ne peut souffrir d’aucune ambiguïté. Elle constitue, dit-il, le socle même du projet politique porté par Pastef.
 
 
Un appel à l’unité face aux «adversités politiques»
 
Mais au-delà de la justice, le leader politique a également tenu à resserrer les rangs. Conscient des tensions internes et des défis à venir, il a lancé un appel clair à l’unité. «Notre force, c’est notre cohésion. Si nous restons unis, rien ne pourra arrêter ce projet», a-t-il martelé devant les militants. Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité pour ses partisans de faire bloc face aux «tentatives de déstabilisation» et aux «adversités politiques».
 
 
«Ceux qui râlent ne construisent pas»
 
Très en verve, le chef du gouvernement n’a pas épargné ses adversaires. «Ceux qui passent leur temps à râler ne construisent pas le pays», a-t-il lancé, sous les applaudissements. Pour lui, le patriotisme ne se limite pas aux discours. «Le patriotisme, ce ne sont pas des mots. C’est le travail, la retenue et l’engagement exclusif au service du pays.»
 
 
 
«Le pays ne sera ni bradé ni vendu»
 
Sur les questions de souveraineté, Sonko s’est montré tout aussi ferme. «Le pays ne sera ni bradé ni vendu», a-t-il assuré, promettant de revoir certaines décisions passées jugées contraires aux intérêts nationaux. Il a également mis en garde contre certaines influences extérieures, affirmant sa confiance prioritaire envers «la population sénégalaise» comme moteur principal du développement.
Sur le plan économique, le Premier ministre a plaidé pour un changement de cap. «Avant les grands projets immobiliers, notamment à Diamniadio, il faut investir davantage dans l’agriculture, l’élevage et l’industrialisation», a-t-il déclaré.
 
 
 
Affaire Aser, Sonko contre-attaque
 
Le leader de Pastef a saisi l’occasion pour revenir sur l’affaire Aser. «35 villages seront électrifiés très prochainement. C’est le travail que nous faisons. Mais certains font preuve de méchanceté», a-t-il dénoncé. Visiblement agacé, il a poursuivi : «voilà deux ans que le programme le plus important dans ce domaine est bloqué sur des accusations sans tête ni queue». Avant de conclure, laissant planer des révélations : «je n’en dirai pas plus. Une conférence de presse est prévue la semaine prochaine par le Dg de l’Aser, Jean Michel Sène, et les choses seront plus claires. Notre régime n’a rien à cacher», laisse-t-il entendre.
 
 
Pastef, « une machine politique » malgré les tempêtes
 
Revenant sur l’histoire récente de son parti, Ousmane Sonko a évoqué la dissolution de Pastef en 2023, qu’il considère aujourd’hui comme une épreuve surmontée. «Pastef a été dissous sur le papier, mais cela ne l’a pas empêché de faire élire un président de la République», a-t-il rappelé. «Notre objectif est de construire la plus grande industrie politique du Sénégal, une véritable machine, un rouleau compresseur», embraye-t-il.
 
 
Discipline et mérite comme lignes directrices pour les locales de 2027
 
À l’approche des élections locales, le leader de Pastef a également posé les règles du jeu. «Tout le monde ne peut pas être candidat. Il faut arrêter les tiraillements», a-t-il averti. Insistant sur la discipline interne, il a précisé : «le candidat qui ne sera pas choisi doit accompagner celui qui sera désigné et mouiller le maillot pour le parti». Un message clair destiné à prévenir les divisions internes.
 
 
Baye Modou SARR
 
LES ECHOS

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