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MOUVEMENT D’HUMEUR DANS LA BOULANGERIE : Les syndicats menacent d’une grève nationale dès la première semaine de novembre




Face à la hausse des charges et aux difficultés financières des entreprises, les quatre syndicats de la boulangerie du Sénégal brandissent la menace d’un arrêt total de la production. Ils réclament notamment un prix unique du pain à 200 F Cfa, un allègement fiscal et l’application stricte de la réglementation du secteur.
 
Le secteur de la boulangerie est sous pression. La Fédération nationale des boulangers du Sénégal (Fnbs), Rbs Authentique, Rbs et la Cnbs, réunies au sein de l’Intersyndicale de la boulangerie du Sénégal, menacent de paralyser la production nationale de pain dès la première semaine de novembre si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Dans un communiqué conjoint, les quatre organisations dénoncent une situation économique devenue, selon elles, insoutenable pour les entreprises de boulangerie. Elles pointent notamment la flambée des charges, qui fragilise leur rentabilité et compromet la poursuite de leurs activités. « Il est aujourd’hui financièrement impossible pour nos boulangeries de continuer à travailler à perte », alertent-elles.
Face à cette situation, les syndicats affirment avoir déposé un mémorandum auprès du Premier ministre et du ministre du Commerce. Ils demandent la tenue immédiate d’un Conseil interministériel afin d’obtenir des mesures urgentes pour préserver la filière.
 
 
Le pain à 200 F Cfa ou une baisse du prix de la farine
 
 
Au cœur des revendications figure l’instauration d’un prix unique du pain à 200 F Cfa sur toute l’étendue du territoire national. L’intersyndicale souhaite ainsi harmoniser les prix entre les différentes régions, avec une réduction proportionnelle du poids du pain dans les zones concernées. À défaut d’une telle uniformisation, les professionnels demandent au gouvernement « de maintenir le système actuel tout en obtenant une baisse minimale de 3000 F Cfa sur le sac de farine. Cette alternative vise à alléger les charges de production qui pèsent sur les boulangeries » lit-on dans le communiqué.
Ensuite, les organisations réclament une révision de la fiscalité, avec des mesures d’allègement adaptées à la crise qu’elles disent traverser. Pour les responsables syndicaux, la réponse des pouvoirs publics doit tenir compte des difficultés économiques des entreprises et leur permettre de poursuivre leurs activités dans des conditions viables.
 
 
L’assainissement du secteur réclamé
 
 
Au-delà des prix et de la fiscalité, l’intersyndicale exige « un assainissement du secteur ». Elle demande « l’application stricte du décret n°2277 des dispositions relatives à la distribution et à la vente du pain ». Et les quatre organisations estiment que « le respect de la réglementation constitue un levier important pour mieux encadrer les activités de la filière ». Elles souhaitent que les autorités prennent des mesures concrètes pour mettre fin aux pratiques qu’elles jugent incompatibles avec les règles en vigueur.
 
 
Un arrêt total de la production en novembre
 
 
La menace de grève se précise. Afin de sensibiliser leurs membres et de préparer une éventuelle mobilisation, les quatre syndicats annoncent avoir entamé une tournée nationale auprès de leurs bases. Ils préviennent qu’« en l’absence de mesures fortes prises par le gouvernement, un arrêt total de la production de pain sera observé sur l’ensemble du territoire national durant la première semaine de novembre ». Pour l’intersyndicale, l’urgence est désormais financière autant que sociale. « Ce ne sera alors plus un choix syndical, mais une obligation mathématique dictée par la faillite », préviennent les organisations, qui pressent le gouvernement de trouver une issue avant le déclenchement de leur mouvement.
 
Fatou DIOP
 
 
LES ECHOS

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