Répondant aux interpellations des députés, le ministre de l’Intérieur estime que la démocratie ne doit pas s’accommoder du fait de vouloir empêcher des gens à conquérir des suffrages ou à exercer leur droit de vote. Pour lui, cela doit être dépassé dans notre République. Il est temps que le Sénégal s’ouvre vers une ère nouvelle où on ne peut pas éliminer un candidat simplement parce qu’il a eu à subir une amende de 200.000 francs. Me Bamba Cissé de répondre à ceux qui attribuent les bénéfices de cette loi à Ousmane Sonko. «Vous parlez de loi personnelle, mais cette personne dont vous faites référence n’est pas concernée », assure le ministre de l’Intérieur, selon qui le débat sur l’éligibilité de Ousmane Sonko est derrière nous. Se tournant vers Aïssata Tall Sall, Bamba Cissé dit vouloir apporter un contre-argumentaire à ce qu’elle a dit. Evoquant la loi sur l’amnistie, Me Bamba Cissé rappelle à l’ancien ministre de la Justice qu’en tant qu’autrice de cette dite loi, elle a, dans l’exposé des motifs, parlé de «certaines de personnes qui ont eu maille avec la justice (…) » et c’est elle qui dit aujourd’hui que la loi est impersonnelle. «En écrivant cela, vous pensiez à qui ? À Ousmane Sonko ; et C’était hors consensus et le président Macky Sall a d’ailleurs dit récemment qu’il l’a fait contre la volonté de son camp. Donc, c’est aujourd’hui que vous pouvez parler de loi impersonnelle et de consensus», ironise le ministre de l’Intérieur. A l’en croire, c’est ce qui a permis à Ousmane Sonko et certaines personnes qui étaient sous le coup d’inéligibilité de se réinscrire dans le fichier électoral.
Sur la non-rétroaction, le ministre de l’Intérieur assure qu’il y a des exceptions. «Le principe de la non-rétroactivité n’a de valeur qu’en matière pénale. En toute matière, la loi peut rétroagir d’elle-même et c’est le cas ici», indique-t-il.
Nd. Kh. D. F