Salah n’a plus rien à prouver individuellement. Après la victoire contre la Côte d’Ivoire, l’attaquant de Liverpool a livré un plaidoyer personnel, presque intime, révélant à quel point cette Coupe d’Afrique des nations est devenue son obsession. Quitte à endosser seul toute la pression.
Il n’a pas parlé comme une star rassurée par son palmarès, mais comme un homme en mission. Au sortir du succès face à la Côte d’Ivoire, Mohamed Salah a livré un message limpide : cette Coupe d’Afrique des nations, il la veut plus que quiconque. Plus que ses coéquipiers, plus que la presse, plus que tout un pays.
« Personne, même en Égypte, ne souhaite remporter ce trophée plus que moi », a-t-il lâché sans détour, assumant un désir viscéral longtemps contenu.
Car Salah sait ce qui lui manque. Ballon d’Or africain, titres nationaux et européens, distinctions individuelles à la pelle : tout est déjà inscrit à son palmarès. Tout, sauf cette Can qui lui échappe encore et qui continue de définir son rapport à la sélection.
Conscient des limites structurelles du football égyptien face aux géants européens, le capitaine des Pharaons refuse pourtant d’en faire une excuse. Il en fait un fardeau… qu’il choisit de porter seul.
« On affronte des équipes dont la majorité des joueurs évoluent en Europe, à un niveau très élevé », rappelle-t-il, avant de préciser : « le niveau du championnat égyptien et de la Ligue des champions de la Caf est très différent de celui de la Ligue des champions européenne. C’est plus compliqué pour nous. »
Mais plutôt que de laisser ce constat peser sur un groupe déjà sous tension, Salah a pris une décision forte : absorber toute la pression médiatique et populaire, pour libérer ses coéquipiers.
« Toute cette pression mise sur les joueurs ne les aide absolument pas. Mettez-la sur moi », a-t-il insisté. « La porter quelques mois ou semaines supplémentaires ne changera rien pour moi», conclut-il.
Un discours rare, presque sacrificiel, qui en dit long sur l’état d’esprit du numéro 10 égyptien. À ce stade de sa carrière, Mohamed Salah ne joue plus pour la reconnaissance. Il joue pour un trophée, pour un pays, pour une page manquante de son histoire.
Et s’il faut en payer le prix seul, il est prêt.