L’écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr a livré une charge sévère contre le climat politique actuel au sommet de l’État, dénonçant une gouvernance qu’il juge marquée par les querelles d’ego, la médiocrité du débat public et l’absence de vision politique.
Dans un texte au ton à la fois amer et désabusé, l’auteur estime assister depuis plusieurs mois à «une politique boulevardière», un spectacle qu’il dit observer avec consternation en raison de ses conséquences sur le pays, l’économie et la crédibilité des institutions sénégalaises. Sans nier les difficultés héritées du précédent régime ni les contraintes liées à l’exercice du pouvoir, Mohamed Mbougar Sarr affirme toutefois que «tout paraît médiocre et sans hauteur», regrettant surtout «un manque d’imagination» au sommet de l’État.
L’écrivain reconnaît l’existence de responsables compétents et travailleurs au sein du système, tout en évoquant les lenteurs des réformes, les défections politiques et les réalités parfois brutales du pouvoir. Mais, selon lui, ces circonstances ne suffisent plus à expliquer le malaise politique ambiant. «Le pays continue de hoqueter à force d’avaler chaque jour une nouvelle couleuvre», écrit-il, dans une métaphore traduisant son inquiétude face à la succession de polémiques et de tensions politiques.
Mohamed Mbougar Sarr estime également que le mandat en cours est «quasi perdu», plombé selon lui par «les révélations, les contre-discours, les règlements de compte et les vengeances». Il redoute un blocage durable de l’action publique, qu’il attribue à des rivalités personnelles ayant pris en otage «toute la machine».
Dans une conclusion marquée par l’ironie et les références wolof et latines, l’auteur compare la scène politique à une arène dominée par des affrontements stériles, avant de préciser qu’il ne s’agit pas encore d’une analyse intellectuelle, mais simplement «du regard dépité d’un citoyen triste et consterné».
Samba THIAM