MODOU LO AVOUE: «j’ai appliqué à la lettre les consignes de Yékini»

Modou Lo a vraiment le vent en poupe. Après sa victoire d’hier, il a fait un clin d’œil à Yekini, avant de défier Bombardier, Tapha Tine et demander aux jeunes lutteurs de faire leurs preuves.



 
 
 
 
 
 
Les Echos : Votre manière de lutter donne du fil à retordre à vos adversaires…
 
Modou Lô : la lutte, c’est juste un jeu où il faut être plus malin que son adversaire. Nous nous sommes bien préparés physiquement et j’étais prêt pour le combat. Nous n’avons rien laissé en rade. On s’est donné les moyens de gagner ce duel. Ceux qui ont l’habitude de regarder mes combats savent que je n’ai pas changé de stratégie. J’ai toujours voulu diriger mes combats et ça a été le cas avant-hier. Quand je  prends un combat, je mets tous les atouts de mon côté et une fois dans l’arène, je fais en sorte que les amateurs ne soient pas déçus. Donc, dimanche, j’ai pris des initiatives pour l’induire en erreur. Mes conseillers m’ont demandé de ne pas trop me précipiter et la stratégie a été payante, au fil du combat. S’il avait pris des initiatives comme je l’ai fait, il n’y aurait jamais eu de victoire par décision arbitrale. S’il avait fait comme moi, il y aurait une victoire nette.
 
Vous poussez votre adversaire à faire des erreurs…
(Il coupe). Lac 2 a pris des coups, ce qui l’a poussé à sortir du ring. Il a pris un coup qu’il ne pouvait pas encaisser et s’il avait résisté, j’allais lui marcher sur les pieds. Quand il s’agit de faire le show devant les caméras et proférer des menaces lors des face-à-face, c’est très facile. Seulement, le jour J, il faut allier l’acte à la parole. Il y a beaucoup de choses qui ont été dites avant ce combat. Mais dimanche, tout le monde a su qui était prêt et qui ne l’était pas.
 
Etes-vous satisfait de cette victoire par décision arbitrale ?
Une victoire, c‘est une victoire ! Si cela ne tenait qu’à nous, la victoire allait être plus nette, mais c’est une victoire. Seulement, pour lutter il faut être deux. Pas une seule personne, comme cela s’est passé le dimanche. Quand une personne, avec une grande masse comme Lac 2, ne prend pas d’initiative, c’est difficile de lutter dans ces conditions. J’ai pris suffisamment de risque, donc j’ai respecté ma part du contrat.
 
A un moment donné, vous avez ouvert des brèches à votre adversaire, l’avez-vous fait de façon délibérée ?
Si tu ne risques rien, tu n’as rien dans un combat. Je lui ai offert des possibilités d’attaquer, mais, il n’a pas saisi ces opportunités. C’était un piège et s’il avait tenté d’attaquer, j’allais riposter. Quand il a pris ma jambe, je suis sûr que mes supporters pensaient que c’était fini, mais ce n’est rien pour moi. J’étais sûr qu’il n’allait pas me terrasser.
 
Vos adversaires font souvent un tour chez Ardo…
C’est vrai, mes adversaires vont souvent chez Ardo ; c’est parce que je travaille beaucoup mes coups. Je ne suis pas un peureux et dans un combat, je suis prêt à tout.
 
Pourquoi faites-vous des flexions à chacun de vos combats ?
Mon centre de gravité me permet de faire des flexions en plein combat ; donc mes adversaires ont du mal à savoir, si je vais attaquer en haut ou en bas. C’est une stratégie parmi tant d’autres. Chaque combat, avec la manière avec laquelle on l’aborde. Mon staff a toujours mis en avant des plans pour contrecarrer mes adversaires.
 
Pourtant, Lac de Guiers a plus de rallonge que vous et parait plus fort…
Lac 2 n’a pas plus de tonus que moi. Il est plus élancé que moi, mais pas plus fort. Mais, il faut préciser que ce combat, c’est Yahya Diop qui était sur le terrain. Deux jours avant le combat, il m’a donné beaucoup de conseils et j’ai appliqué à la lettre ces consignes, qui m’ont permis de gagner. La façon avec laquelle j’ai combattu, c’est grâce à Yahya Diop «Yekini». Je le remercie beaucoup. C’est mon grand-frère et c’est mon champion. J’ai pris sa revanche contre Lac de Guiers.  C’est mon idole aussi. Si j’ai fait de la lutte une passion, c’est grâce à lui. Le seul lutteur que je supporte au Sénégal, c’est Yekini.
 
Gris bordeaux et Lac ne sont-ils pas deux lutteurs avec qui vous aviez voulu en découdre coûte que coûte ?
C’est vrai que mes deux derniers combats me tenaient à cœur. J’avais des choses personnelles à régler avec eux. En plus, pour ce combat, c’était spécial pour moi, il y a eu trop de commentaires avant la confrontation ; donc j’en ai fait une affaire personnelle. Lac 2 a fait une communication qu’on ne lui connaissait pas. Tout le monde sait que je ne parle pas trop avant mes combats. Il a dit des choses qui m’ont dérangé et il fallait que je règle ça une bonne fois pour toutes. Maintenant, c’est fini, je ne vais plus lutter avec Lac de Guiers 2.
 
Quels sont les adversaires que vous avez en ligne de mire ?
Mon travail, c’est la lutte. Il faut demander aux promoteurs, je ne suis pas difficile, quand il s’agit de me trouver un adversaire. D’ailleurs, c’est moi-même qui demande aux promoteurs d’aller voir un tel s’il veut m’affronter, le cas contraire, je leur demande d’aller voir quelqu’un d’autre. Je n’ai jamais eu de problème d’adversaire. Les jeunes (Ama Baldé et consorts) sont de bons lutteurs, s’ils font leurs preuves, je suis preneur.
 
Si un promoteur vous propose Bombardier…
Si on paye le cachet qu’il faut, je suis prêt à lutter, je ne mets de côté aucun lutteur. Je suis prêt pour lutter avec tout le monde, que ce soit Tapha Tine, Bombardier… Si je dois éviter des lutteurs, je vais arrêter la lutte. Pour le moment, je n’ai pas pris d’avance, mais je prie pour avoir un combat en fin de saison.
 
Le coach de Lac de Guiers a parlé de traitement de faveur dont vous faites l’objet…
(Il rigole). Je ne vais pas répondre à ça. «Luni fang ken duko wéranté».
 
Samba THIAM                              

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