Dans une réaction politique, le président de l’Union nationale pour la République (Unr) s’en prend frontalement au leader de Pastef et président de l’Assemblée nationale. Pour Mouhamadou Lamine Massaly, le parcours politique de Sonko repose davantage sur la communication politique, la mobilisation des frustrations et les promesses de rupture que sur des résultats à la hauteur des attentes suscitées.
Le président de l’Unr intitule sa tribune « Ousmane Sonko, le grand théâtre de l’affabulation». Pour Mouhamadou Lamine Massaly, Ousmane Sonko s’est imposé dans le paysage politique sénégalais moins par la démonstration d’un programme que par une communication fondée sur la dénonciation, la confrontation et la mobilisation populaire.
Massaly estime ainsi que le «système Sonko est reposé sur une mécanique politique consistant à exploiter les frustrations sociales et à multiplier les déclarations spectaculaires». Il l’accuse «d’avoir recours à des chiffres astronomiques destinés à frapper les esprits, sans que ceux-ci soient toujours accompagnés des démonstrations factuelles nécessaires » fait-il savoir dans sa tribune. Massaly s’attaque surtout «au contraste» qu’il perçoit «entre le Sonko de l’opposition et celui qui exerce désormais des responsabilités institutionnelles majeures».
« Les slogans populistes ne se mangent pas »
Le président de l’Unr ne ménage pas ses mots. Selon lui, « l’exercice du pouvoir constitue le véritable test pour celui qui s’était construit une image de pourfendeur du système. Les slogans populistes ne se mangent pas, les théories du complot ne créent pas d’emplois et l’arrogance verbale ne remplit pas le panier de la ménagère », assène-t-il. Une manière de ramener le débat politique aux préoccupations quotidiennes des Sénégalais, « pouvoir d’achat, emploi, investissement, activité économique et stabilité sociale ».
Massaly conteste ainsi l’idée selon laquelle « la dénonciation des difficultés du pays suffirait à constituer une politique publique ». À ses yeux, « le pouvoir est sommé de produire des résultats et non de prolonger les mécanismes de communication qui ont accompagné la conquête politique de Pastef » précise l’ancien libéral qui a accompagné le président Wade durant ses 12 ans au pouvoir (2000-2012) avant de rejoindre la mouvance du régime de Macky Sall.
La responsabilité politique au cœur de la charge
Le président de l’Unr impute directement à Ousmane Sonko «une responsabilité politique directe dans les difficultés actuelles du pays». Massaly estime que « les Sénégalais ne peuvent plus être maintenus dans une logique de promesses permanentes. Il ne s’agit plus de débattre de promesses, mais de juger des actes », soutient-il.
Dans son réquisitoire, il reproche au camp de Pastef « d’avoir construit une partie de son discours sur la dénonciation des corrompus, les soupçons et la confrontation avec les adversaires politiques ». Il y voit « une dérive vers une politique de règlement de comptes plutôt qu'une réponse aux urgences économiques et sociales » dénonce l’opposant membre du Fdr.
« Le temps des illusions est révolu »
Mouhamadou Lamine Massaly estime clairement que le moment est donc venu de changer de registre. Il appelle « à une opposition et à une contestation strictement républicaine, fondées sur l'évaluation des politiques publiques et la confrontation des résultats » lance-t-il et d’ajouter que « les responsabilités liées au pouvoir ne peuvent plus être dissociées des discours tenus lorsqu’on était dans l’opposition. Le temps des illusions, des promesses chimériques et de la manipulation des consciences est définitivement révolu », affirme-t-il.
Fatou DIOP