ME MOUSSA SARR FACE AUX URGENCES D’UNE JUSTICE DEPORVUE DE MOYENS A RUFISQUE : La juridiction manque de tout et le ministre promet de réagir




 
 
 
En visite de prise de contact au Tribunal de Grande Instance (Tgi) de Rufisque, installé à Diamniadio, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a été confronté aux difficultés matérielles, humaines et logistiques qui affectent le fonctionnement de la juridiction. Face aux préoccupations exprimées par les magistrats, greffiers, agents administratifs et avocats, le ministre a promis d’examiner plusieurs demandes et d’engager des démarches auprès des services compétents.
 
La justice sénégalaise est confrontée à de nombreux défis sur le terrain. La visite effectuée, ce lundi 14 septembre 2026, par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, au Tribunal de Grande Instance (Tgi) de Rufisque, en a donné une nouvelle illustration. Accompagné des membres de son cabinet, du Procureur général près la Cour d’appel de Dakar et du Premier président de ladite Cour, le ministre est venu s’enquérir des conditions de travail des acteurs judiciaires et recueillir leurs principales préoccupations.
Installé à Diamniadio depuis le 10 janvier 2024, le Tgi de Rufisque accueillait ainsi, pour la première fois, une autorité gouvernementale. Une occasion saisie par le président de la juridiction pour dresser un état des lieux sans détour. Parmi les difficultés exposées figurent l’exiguïté de la salle d’audience, les problèmes d’aération et de climatisation, mais aussi des dysfonctionnements liés à la plomberie et à l’assainissement.
Au-delà des infrastructures, c’est surtout la question des ressources humaines qui préoccupe les acteurs judiciaires. Le Tgi fait face à un déficit de magistrats, de greffiers et d’agents administratifs. Une situation qui pèse sur les conditions de travail et le traitement des dossiers. À cela s’ajoute l’insuffisance du matériel informatique. Certains magistrats seraient même contraints d’utiliser leurs équipements personnels pour accomplir leurs missions.
L’enclavement du tribunal constitue une autre difficulté majeure. Son éloignement et les problèmes d’accès ont conduit les responsables de la juridiction à solliciter la mise à disposition d’un moyen de transport collectif pour le personnel. Les mêmes préoccupations ont été relevées au niveau du Tribunal d’Instance de Rufisque. Sa présidente a notamment évoqué le non-remplacement de certains agents, l’absence de connexion internet et les infiltrations d’eau dans les locaux.
Du côté du Parquet, le constat n’est guère plus reluisant. Le procureur de la République près le Tgi de Rufisque a attiré l’attention du ministre sur les conditions de travail difficiles de ses services. L’absence de budget de démarrage, le déficit en personnel et les difficultés de transport dans un ressort territorial particulièrement étendu figurent parmi les principales contraintes.
Prenant la parole au nom du Barreau, le Bâtonnier a salué la démarche du Garde des Sceaux, tout en insistant sur l’insuffisance des effectifs. Il a également souligné les difficultés de transport auxquelles sont confrontés les usagers de la justice.
Face à ce chapelet de préoccupations, Me Moussa Sarr a adopté une approche pragmatique. Le ministre a expliqué que sa tournée auprès des juridictions vise à confronter les orientations de son département aux réalités vécues sur le terrain. Reconnaissant que la justice constitue un enjeu majeur pour l’État, il a insisté sur la nécessité d’apporter des réponses concrètes, malgré un contexte budgétaire contraignant. Il a rendu hommage à l’engagement des magistrats, greffiers et agents qui continuent d’assurer le service public de la justice dans des conditions parfois difficiles. Sur le plan des infrastructures, le ministre a annoncé que les problèmes de plomberie, d’électricité et de connexion internet feront l’objet d’un examen avec les services compétents. Le renforcement des effectifs figure également parmi les priorités évoquées.
Concernant l’enclavement du tribunal, Me Moussa Sarr a pris bonne note de la demande de transport collectif. Il a indiqué qu’il saisirait les autorités compétentes afin d’étudier la possibilité d’une prise en charge du transport du personnel. Il compte, par ailleurs, solliciter les services informatiques pour apporter des solutions aux insuffisances en équipements numériques.
 
Fatou DIOP
 
 
 
 
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