MARIE YVETTE KEITA, SG UNSAS « La souveraineté économique ne peut pas se bâtir sur la précarité sociale »




 
 
 
 
 
La secrétaire générale de l’Unsas, Marie Yvette Keita, a salué la volonté du président de la République d’amorcer une relance massive de l'investissement public. Ce qui témoigne de son ambition réelle pour le Sénégal. Pour autant, la patronne de l’Unsas révèle qu’elle peut occulter la réalité quotidienne des travailleurs. « Cette réalité est simplement celle d'une croissance sous haute pression dont les chiffres tardent à se faire sentir dans le panier de la ménagère. Le monde du travail vous observe. Nous comprenons parfaitement les contraintes budgétaires liées notamment à l'épreuve financière de la dette souveraine. Mais, nous voulons très humblement vous signifier que la résilience des travailleurs a des limites. Vous le savez autant que nous, la souveraineté économique ne peut pas se bâtir sur la précarité sociale. Une économie solide repose forcément sur la consommation et la productivité des citoyens. Des populations qui vivent dans la précarité ne consomment pas. Et l'absence de consommation fragilise forcément l'économie. Ainsi, la précarité crée des tensions et des révoltes », fait remarquer Mme Keita. Poursuivant, elle a appelé à la protection du pouvoir d’achat. A l’en croire, le coût de la vie demeure un fardeau. « Nous demandons le relèvement des pensions de retraite et une révision de la fiscalité sur les salaires pour redonner de l'oxygène aux foyers sénégalais », lance la patronne de l’Unsas qui plaidé aussi pour le partage équitable des fruits de la croissance. « Si les secteurs extractifs et les investissements structurels portent leurs fruits, il est impératif que cette richesse soit redistribuée par des revalorisations salariales justes et un renforcement de la protection sociale pour tous », ajoute Mme Keita qui appelle en outre, au respect des engagements dans le secteur de l’éducation, de la sante, etc. S’agissant du renforcement de la protection de la maternité en milieu de travail et la lutte contre les violences faites aux femmes, elle plaide pour l'accès aux soins, l'allongement de la durée du congé de maternité à 18 semaines, l'ouverture des crèches communautaires ainsi que la ratification de la convention 190 de l'Oit sur les violences et le harcèlement en milieu de travail.
 
M. CISS
 
 
 
 
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