De Castors au rond-point Jet d’eau, des Sénégalais ont bravé la chaleur pour manifester contre la vie chère, ce samedi. Durant le trajet, les manifestants ont déploré la hausse généralisée des prix des denrées, de l’électricité, du loyer, entre autres produits et services. Tout est parti d’un hashtag initié par un groupe d’influenceurs qui ont promis d’inscrire le combat dans la durée.
Un groupe d'influenceurs s'est emparé de l’indignation généralisée de personnes anonymes dans les réseaux sociaux dénonçant la cherté de la vie au Sénégal. Ainsi, à travers le Hashtag « 30 Jours pour le juste prix », ces influenceurs ont décidé, à travers un plan d’actions, de prolonger le combat dans la rue pour rallier les populations et mieux sensibiliser les autorités sur ces hausses tous azimuts parfois injustifiées des produits et services. C'est dans ce cadre que la marche de ce samedi a été initiée. Des dizaines de personnes ont bravé la chaleur avec des paniers et des calebasse vides, des compteurs Woyofal et des pancartes pour dénoncer la cherté des denrées, du loyer, de l’électricité, de l’eau ; de l’agence Senelec Castors au rond-point Jet d’eau. Pour cette initiative qui se veut citoyenne, toute coloration politique a été bannie dès le départ et l’hymne national a donné le ton pour une levée de boucliers en chœur contre la vie chère. « La vie est chère ! Stop à la cherté de la vie ! Stop à la cherté du Woyofal ! Stop à la cherté des denrées alimentaires ! Le peuple est fatigué » ! Autant de slogans pour dénoncer les difficultés auxquelles les Sénégalais font face et attirer l’attention des pouvoirs publics. Venu assister à cette marche en tant que père de famille éprouvé par la cherté de la vie, l’activiste Ousmane Faye - connu pour la défense de l’environnement – a troqué son habillement en sachets plastiques au profit des couleurs nationales pour faire entendre sa voix. « La vie est trop chère au Sénégal. L’électricité coûte cher, les prix des denrées alimentaires flambent et les pères de famille n’en peuvent plus. C’est une situation difficile qui affecte même la vie des couples », déclare l’activiste qui invite ses compatriotes à une mobilisation populaire pour combattre cette flambée généralisée des prix. « Les salaires sont bas et le coût de la vie est devenu excessif sans raison », ajoute une manifestante anonyme, un panier vide à la main. Poursuivant, elle a déploré la cherté du Woyofal qui est devenu un véritable fardeau pour les ménages. À l’en croire, la cherté de l’électricité et du carburant ne s’expliquent pas au Sénégal. « C’est intenable pour les ménages et pour les entreprises. On ne peut pas être compétitif dans ces conditions », relève la dame ; persuadée que le secteur de l’énergie doit subir des réformes majeures. Pour cet autre père de famille, c’est le laxisme et l’anarchie qui sont à l’origine de cette situation. Il accuse les commerçants véreux d’être à l’origine de cette surenchère.
La marche, une étape d’un plan d’actions
Pour sa part, le député Guy Marius Sagna justifie sa présence pour recueillir les complaintes de ses concitoyens et servir de courroie de transmission à l’Assemblée nationale. Il reconnait néanmoins ressentir les mêmes difficultés liées à la cherté de la vie. Au point de chute du rond-point Jet d’eau, l’un des organisateurs, Bathie Drizzy est revenu sur la naissance de cette initiative. Et, c’est pour préciser d’emblée que cette initiative n’a aucune connotation politique. « C’est une initiative citoyenne. En tant que consommateurs, nous subissons la cherté de la vie comme tous les Sénégalais. A travers cette marche, nous ne faisons que transmettre les messages de complaintes des Sénégalais qui nous écrivent à travers les réseaux sociaux. Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cette situation. Il faut que des personnes se lèvent pour porter ces doléances. Tout est cher au Sénégal et cela devient insupportable pour les ménages. Même le tourisme est mort à cause de la cherté de la vie. Le Sénégal ne peut pas avoir un niveau de vie aussi cher que Paris ou Dubaï. Ce n’est pas normal. C’est pourquoi, nous avons décidé de sensibiliser les autorités », explique Bathie Drizzy qui inscrit ce combat contre la vie chère dans la durée. Cette marche, dit-il, n’est que la première étape de notre plan d’actions. Face aux accusations de certains politiques, Momar Assane de préciser que la manifestation a réuni des citoyens qui sont venus de leur gré pour déplorer une situation qui frappe tous les Sénégalais. Pour autant, il n’a pas manqué de rappeler que lorsqu’il s’agit de descendre dans la rue, les politiciens ont besoin de la jeunesse ; mais lorsqu’il s’agit de trouver des solutions aux problèmes des Sénégalais, la jeunesse, sérine-t-il, est laissée à elle-même.
M.C avec Seneweb