Après avoir épuisé les avertissements sans suite, les alertes ignorées, les suggestions enterrées, les mini-crises évitées au sein du Parti socialiste, 39 responsables, dont les anciens ministres Alioune Ndoye et Serigne Mbaye Thiam, ont produit un manifeste, décidés à raviver la flamme du Ps face à une direction faible qui n’inspire ni confiance ni espérance. Cette initiative vise à permettre au Parti socialiste de redevenir une force majeure de l’opposition et une alternative crédible pour gouverner le Sénégal.
Un Comité d’initiative de 39 primo-signataires composé d’anciens ministres, de députés, de responsables du Parti socialiste, en l’occurrence Serigne Mbaye Thiam, Alioune Ndoye, Juliette Zingan, Mamoudou Wane, Me Moustapha Mbaye, entre autres, a produit un manifeste dénommé «Dundal Ps» pour éviter que le parti de Senghor, qui sombre depuis quelques années dans la léthargie, ne disparaisse tout bonnement de l’échiquier politique. Selon les signataires, le Parti socialiste est un patrimoine à préserver. D’autant plus qu’après la première alternance de 2000, le Ps a su rester debout en dépit des départs massifs de plusieurs responsables, de l’avis du Comité d’initiative qui estime que le Parti socialiste a joué un rôle majeur dans la seconde alternance en 2012. Seulement, au fil de ce compagnonnage avec la coalition Benno Bokk Yakaar, le Comité d’initiative est au regret de constater que l'identité propre du Ps s’est estompée et sa ligne politique est devenue illisible. S’y ajoute le décès de feu Ousmane Tanor Dieng qui a créé, selon le Comité d’initiative, un vide immense. «Depuis, le parti s’est progressivement enfoncé dans une léthargie inquiétante et une perte d’initiatives et de repères à telle enseigne que l’héritage reçu est aujourd’hui menacé de disparition», relèvent les camarades de Alioune Ndoye.
Une direction faible qui n’inspire ni confiance ni espérance
A les en croire, le Ps vacille. «Son poids électoral s’érode, son éclat d’antan s’efface dans l’ombre croissante d’une opposition fragmentée. L’organe s’est alourdi, étouffé par des mécanismes dépassés ; il tâtonne sans projet clair, sans promesse nouvelle. La confiance des militants s’amenuise, la ligne politique se fait floue, et l’invisibilité sur la scène nationale menace l’essence même du parti», note le Comité qui ajoute que la voix du Ps est absente des débats et enjeux nationaux majeurs. « L’élection d’un seul député à l’issue des dernières législatives de novembre 2024 marque à lui seul l’effondrement électoral, sans oublier l’ampleur du recul au niveau des collectivités territoriales », martèle le Comité d’initiative qui relève sur le plan du leadership, « une direction faible qui n’inspire ni confiance ni espérance, une posture ambiguë et hésitante, une absence de vision et de discours mobilisateurs ».
Un parti qui aspire à redevenir une force majeure de l’opposition
Face à ce constat, le Comité a décidé de raviver la flamme d’un parti vivant, innovant, audacieux. «Ce Manifeste est également né d’une conclusion simple : nous avons épuisé les avertissements sans suite, les alertes ignorées, les suggestions enterrées, les mini-crises évitées. Nous voulons reconstruire un Parti socialiste à la hauteur de son histoire, des enjeux et défis de l’heure afin de porter les ambitions de nos compatriotes qui croient à un projet socialiste pour le Sénégal», explique le Comité d’initiative qui ambitionne de faire du Ps, un parti ouvert et profondément démocratique, où le débat d’idées, et non l’allégeance à un responsable, ajoute le Comité, structure les positions et la ligne politique, où l’unité se construit par la discussion et non par les flatteries. «Un parti présent sur le terrain social. Un parti qui aspire à redevenir une force majeure de l’opposition et une alternative crédible pour gouverner le Sénégal», ajoutent les signataires qui appellent les militants attachés aux valeurs de justice, de solidarité et de démocratie à se joindre à cette dynamique de renaissance. «Ce Manifeste vient ouvrir un chemin, tracer une perspective, offrir une alternative de reconstruction. Il est l’acte fondateur d’un renouveau. Le Parti socialiste peut douter, mais il ne doit pas renoncer. Il peut vaciller, mais il ne doit pas tomber», tranche le Comité d’initiative.
M. CISS