Mame Moussa Cissé donne carte blanche à ses Lionnes pour ces quarts de finale de la Coupe d'Afrique des nations Maroc 2022. Le sélectionneur national, qui a galvanisé ses dames, compte sur elles pour finir en beauté ce tournoi avec une qualification au Mondial à arracher ce soir face à la Zambie.
«Il n'y a pas de crainte»
«Ce sera un match de quart de finale. C'est sûr que ce sera du haut niveau. Ça ne sera pas facile du tout. La Zambie n'est pas en quart de finale par hasard. C'est une équipe qui n'a pas encore perdu, avec deux victoires et un match nul. Elles sont sorties premières dans leurs poule où il y avait le Cameroun et la Tunisie. La Zambie est donc une équipe à prendre très au sérieux. C'est une équipe qui a marqué 5 buts et n'en a encaissé qu'un seul. Elle a beaucoup de valeur collective, notamment son engagement, sa solidarité. C'est une équipe qui a des individualités exceptionnelles. Nous les avons bien étudiées. Mais nous aussi ne sommes pas là par hasard et nous avons des ambitions très fortes. On est à un match d'une Coupe du monde. Ça va être très important pour le développement du football féminin au Sénégal ainsi que pour ces filles ; ce qui sera pour elles le parachèvement du processus de formation, d'apprentissage dans lequel nous sommes. Nous serons là pour porter la réplique à cette équipe zambienne. Nous jouerons sur nos valeurs, nos qualités qui nous ont permis d'arriver à ce niveau. Il n'y a pas de crainte. On donnera tous les éléments pour pouvoir s'en sortir avec un résultat positif».
«On a une équipe prête sur le plan physique»
«Pour notre dernier match contre le Maroc, déjà on avait des cas de Covid. Psychologiquement, c'était très dur pour toute l'équipe, mais surtout nos médecins. Dans une équipe féminine, les médecins jouent un rôle très important non seulement sur le plan clinique mais aussi sur le plan psychologique. Avec les joueuses, ce sont des moments de confidences. Ces choses que les filles ne peuvent pas dire au coach, c'est aux médecins qu'elles vont le dire. Que ces dames là soient privées de l'équipe n'a pas été facile pour nous. Sur le plan des cartons et de la fraîcheur, nous avons essayé de mettre les autres qui n'avaient pas l'habitude de jouer pour permettre à Awa Diakhaté et autres qui avaient un carton de ne pas en prendre un deuxième parce que ça les aurait éliminées sur ce match là. On a laissé à celles qui étaient fatiguées se reposer. Çanous a permis de tester les autres et de les mettre dans la dynamique de la compétition. Si je fais le bilan sur ces trois matchs, j'ai utilisé 23 joueuses. Ça veut dire que du point de vue de la récupération, tout s'est bien passé. Après le match contre le Maroc, on a cassé un jour parce que ça coïncidait avec la Tabaski. C'est vrai que les filles n'étaient pas en famille mais on a essayé un peu de reproduire l'environnement de la Tabaski au Sénégal. Ce break leur a permis de se régénérer mentalement. Elles ont pu vivre ensemble ces bons moments et donc ça leur a donné un peu plus de fraîcheur. Du point de vue de la récupération, on sera au top. On a une équipe prête sur le plan physique pour apporter la fraîcheur qu'il faut face à cette équipe zambienne qui est très physique à l'instar de l'Ouganda et du Burkina Faso».
«Rentrer à jamais, de la plus belle des manières, dans l'histoire du football féminin sénégalais»
«On a vu et bien revu nos matchs. On connaît aujourd'hui nos points forts, mais surtout les points sur lesquels nous devons apporter des améliorations. Ce qu'on s'est dit en interne restera en interne, mais le mot d'ordre restera le même. Elles vont jouer le quart de finale qui sera le match le plus important de leur carrière. Si aujourd'hui elles se qualifient pour une Coupe du monde, ce sera l'apothéose. Cette génération là a marqué le premier but dans une Can. Elle a eu la première victoire dans une Can et a eu aussi la première qualification en quart de finale pour cette compétition. Maintenant, si on ajoute une qualification à la Coupe du monde, les Lionnes auront ouvert à jamais une page du football sénégalais en Afrique et dans le monde. Ça permettra à leurs petites sœurs de marcher sur leurs traces avec un chemin bien balisé. Elles sont face à l'histoire. Elles le savent, mais comme je leur ai dit en interne : "si jouer une Coupe du monde ne peut pas être une motivation pour vous, je n'aurai pas les mots pour vous motiver». C'est une motivation intrinsèque et personnelle. Les Lionnes devront aujourd'hui prendre leur destin en main. Elles ont de la capacité, elles ont du potentiel, ce sera à elles de se battre,de se donner pour que demain (aujourd'hui), au sortir de ce match là, qu’elles rentrent à jamais, de la plus belle des manières, dans l'histoire du football féminin sénégalais».