MAME MOUSSA CISSE AFFICHE SES AMBITIONS « Écrire la plus belle page de notre histoire »




 
À la veille du départ de l'équipe nationale féminine du Sénégal pour la Coupe d'Afrique des nations, l'ambiance était solennelle lors de la traditionnelle cérémonie de remise du drapeau national. Le sélectionneur des Lionnes, Mame Moussa Cissé, s'est confié avec émotion et détermination sur les défis qui attendent son groupe, désormais tourné vers un objectif historique : le dernier carré et une qualification inédite en Coupe du monde.
 
​L'émotion du drapeau national
 
« Je pense que je ne m'y ferai jamais, c'est la troisième fois que je reçois ça. Mais à chaque moment, l'émotion est très forte, parce que ça montre que le Sénégal, l'État, tout le peuple est derrière son équipe nationale. Ce sont des moments forts pour moi et pour les joueuses.
​Et vraiment, c'est émouvant, mais il faudra essayer de traduire toutes ces belles paroles, tout ce sentiment sur le terrain. Je pense que les filles sont prêtes pour le faire, parce qu'elles savent aujourd'hui la particularité de ce drapeau et ce qu'il représente pour chacune d'entre elles, mais aussi pour le pays. »
 
​Le rêve d'une première Coupe du monde

« Oui, l'objectif déjà c'est les demi-finales. Je pense que même si la Fédération ne le disait pas, il est aujourd'hui bien qu'une équipe qui participe à deux Can, qui va jusqu'en quart de finale, cherche à aller en demi-finale. Et pour cette Can, elle est qualificative pour la Coupe du monde. Les filles ont envie d'amener pour la première fois de son histoire le Sénégal à une Coupe du monde. Elles ont écrit beaucoup de pages, mais cette page-là va être très, très, très importante.
​Et à titre personnel, c'est vraiment un rêve que je puisse donner au peuple sénégalais, parce que cette Can-là, elle est particulière pour moi. C’est le sentiment partagé des joueuses, de la Fédération et du peuple : aller en demi-finale pour essayer de jouer une première Coupe du monde, de gravir les échelons. Et je pense que c'est pour cela que nous y allons, même si la poule est difficile. Elle sera difficile pour tout le monde, parce que le Sénégal aussi n'est plus une petite équipe. Ça va être notre troisième Can, nous avons des certitudes, nous y allons avec beaucoup d'humilité, mais nous y allons aussi avec l'ambition de faire ces demi-finales-là, inch'Allah. »
 
​Une poule sans droit à l'erreur

« Déjà, le premier match il est extrêmement important. On est tous focalisés sur l'Algérie, il nous faut faire un bon résultat sur ce match-là, parce qu'effectivement l'Algérie est une grande équipe qui a aussi envie de faire la même chose que nous. Elles étaient quart-de-finalistes comme nous, donc ça ne va pas être une chose facile des deux côtés, mais ce sera à nous de mettre tous les ingrédients de notre côté pour déjà réussir notre entame dans la compétition et tout faire pour que tous les matchs, on les joue comme des finales pour pouvoir sortir de cette poule difficile. »
 
​Gestion des absences et choix de la jeunesse

​ « Effectivement, ces filles ont eu quelques problèmes administratifs. Quand la situation s'est posée, j'ai amené des joueuses qui étaient dans le groupe. Parce que les championnats étaient terminés, j'ai dû puiser sur le stock des U17, parce qu'elles revenaient d'une compétition contre le Ghana.
​Elles sont très jeunes, mais aujourd'hui, participer à une Can comme ça les fera grandir. Et elles étaient en compétition, elles étaient en jambes, c'est pourquoi j'ai jeté mon dévolu sur elles, continuant le travail de rajeunissement de l'équipe qu'on a commencé depuis longtemps. Nous avons des cadres qui ont l'habitude de jouer, mais il faut amener des filles. Je l'ai fait avec Absatou Malado Diallo, elle avait 16 ans, je l'ai fait avec Aïssatou Faye, elle avait 16 ans, donc aujourd'hui amener des filles comme Mariama Faty, des filles comme Mbayang Diop, c'est être dans la continuité et nous projeter pour le futur. Et je pense que, aujourd'hui, nous restons focus – l'équipe et tout le monde reste focus – autour des matchs que nous allons jouer. La liste est sortie, on va se cantonner, rester sur ça pour continuer le travail. »
 
​Le bilan des matchs de préparation

« Nous avons joué beaucoup de matchs. Nous avons joué ici déjà contre le Burkina Faso deux matchs, nous avons joué contre le Nigeria, nous avons joué, comme vous l'avez dit, deux matchs contre l'Égypte. C'était important pour nous déjà de jouer en Égypte contre l'Égypte, parce que nous allons rencontrer deux équipes maghrébines. Nous avons le Maroc, nous avons l'Algérie, donc c'était bien de voir comment l'équipe allait se comporter.
​Je ne suis pas sur les résultats, je veux juste qu'on parle des contenus et de ce que nous étions allés faire. J'avais amené 24 joueuses et j'ai fait jouer les 24 joueuses. Ça me donne une idée sur la force de chacune, sur qui on peut compter pour démarrer la compétition, parce qu'une compétition comme ça, si on veut atteindre nos objectifs, il faut le faire avec 26 joueuses. J'ai 26 titulaires et aujourd'hui, ces matchs-là m'ont permis de voir comment on peut mettre une équipe compétitive à ce niveau-là. »
 
​Écrire la plus belle page du football féminin

« C'est ma troisième Can, je n'étais pas là en 2012, je suis arrivé dans la sélection en 2013.
​Elle est particulière parce que quand vous vivez une situation trois fois de suite, vous avez envie de progresser. Les autres choses, on verra après, mais dans le cadre de cette compétition-là, je suis aujourd'hui porteur de ce projet pour faire encore un pas qualitatif pour le football féminin, parce que des pages ont été écrites, mais je pense que si on parvient à écrire cette page-là, ce sera l'une des plus belles pages du football féminin de ce pays. »
 
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LES ECHOS

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