Une plainte officielle a été déposée ce lundi 8 juin 2026 auprès de la Fédération sénégalaise de lutte. Le lutteur « Reug-Reug » est accusé d’actes de cruauté envers des animaux lors de ses préparations mystiques du week-end dernier.
La lutte sénégalaise, sport roi et patrimoine culturel majeur du pays, se retrouve une nouvelle fois secouée par une affaire extra sportive. Ce lundi 8 juin 2026, une dénonciation formelle a été adressée à Bira Sène, président de la Fédération sénégalaise de lutte, par un citoyen indigné, Mouhamadou Sarr, depuis Pikine.
L'objet de la discorde concerne des accusations d'une « extrême cruauté » visant le célèbre lutteur « Reug-Reug », à la suite d'événements survenus dans le cadre d'un combat le dimanche 7 juin 2026.
Des rituels mystiques qui choquent l'opinion
Selon les termes de la lettre officielle, qui porte le cachet de réception des instances de la fédération, des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent le lutteur se livrant à un bain mystique particulièrement controversé. Pour ce faire, l'athlète aurait procédé à l'immersion de deux chatons vivants dans un seau rempli d'eau. « Si ces faits sont avérés, ils constituent un acte d’une extrême cruauté envers des êtres vivants sans défense et sont de nature à choquer profondément l’opinion publique », s’insurge le signataire de la plainte.
Si les pratiques mystiques font historiquement partie intégrante du folklore et de la préparation des combats au Sénégal, l'utilisation et la souffrance d'animaux domestiques franchissent, pour de nombreux observateurs, la ligne rouge de l'acceptable.
Trois exigences claires sur la table de la Fsl
Face à ce qui est décrit comme une atteinte grave aux valeurs de respect, de dignité et de responsabilité que doit promouvoir le sport national, le plaignant demande formellement à la fédération d'agir à travers trois actions immédiates.
Premièrement, il réclame l'ouverture d'une enquête approfondie afin d'établir les faits avec précision. Deuxièmement, il demande la prise de mesures disciplinaires appropriées si les accusations venaient à être confirmées. Enfin, il appelle à l'adoption de règles explicites prohibant strictement toute forme de maltraitance animale dans le cadre des activités liées à la lutte.
L'image de la discipline en jeu
Pour l'heure, l'entourage du lutteur Reug-Reug ne s'est pas encore exprimé publiquement sur cette affaire. Du côté des amateurs de lutte et des défenseurs de la cause animale, la tension monte.
La balle est désormais dans le camp de la Fédération sénégalaise de lutte, qui devra traiter cette question avec le sérieux qu'elle mérite afin de préserver l'image de la discipline et les valeurs qu'elle est censée incarner.
Samba THIAM