MALICK NDIAYE SUR LA REVISION DE LA CONSTITUTION « La révision renforce la transparence, consolide les pouvoirs de contrôle du Parlement, modernise notre justice … »




 
 
 
 
 
En l’absence des députés de l’opposition qui ont boycotté, l’ancien président de l’Assemblée nationale a précisé que la révision ne remet en cause ni les libertés publiques, ni les principes démocratiques, ni l'État de droit. Au contraire. Selon Malick Ndiaye, elle renforce la transparence à travers la déclaration de patrimoine, consolide les pouvoirs de contrôle du Parlement, modernise notre justice constitutionnelle, etc.
 
 
 
 
 
 
 
« La réforme constitutionnelle que nous examinons aujourd'hui ne doit pas être analysée sous le prisme des passions politiques ou des intérêts partisans. Elle mérite un débat serein, objectif et exclusivement fondé sur son contenu », a d’emblée indiqué l’ancien président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye qui rappelle que toutes les modifications constitutionnelles ont été faites par voie parlementaire à l’exception des Constitutions de 1963, 1970, 2001 et 2016. Ce qui lui fait dire que la révision constitutionnelle par voie parlementaire n'est ni une exception, ni une anomalie. « Elle constitue un mécanisme normal permettant d'adapter nos institutions aux évolutions de notre société et aux exigences de notre démocratie », ajoute le député de Pastef qui précise que cette réforme, loin d’être improvisée, traduit, dit-il, des engagements portés par le parti Pastef depuis plus de dix ans et s’inspire de recommandations issues des Assises nationales, de la Commission nationale de réforme des institutions, des Assises de la justice et du Dialogue national. Mieux, il révèle que le texte a été enrichi par les observations du Conseil constitutionnel qui ont permis, à l’en croire, d’apporter des ajustements juridiques nécessaires. S’agissant du fond, le vice-président de l’Assemblée estime que cette réforme ne retire aucun droit aux citoyens. « Elle ne remet en cause ni les libertés publiques, ni les principes démocratiques, ni l'État de droit. Au contraire, elle renforce la transparence à travers la déclaration de patrimoine, consolide les pouvoirs de contrôle du Parlement, modernise notre justice constitutionnelle, clarifie les responsabilités des institutions et améliore les mécanismes d'équilibre des pouvoirs », explique le député qui rappelle à l’endroit des détracteurs que la Constitution est par nature générale, abstraite et impersonnelle et s'applique à tous. Poursuivant, il est revenu sur les possibilités qui s’offrent au chef de l’Etat après l'adoption de la loi de révision par l'Assemblée nationale. Il s’agit, dit-il, de deux options : « soit il promulgue la loi lorsqu'elle est adoptée à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés ; soit il décide de la soumettre au référendum. Dans cette seconde hypothèse, le peuple sera appelé à se prononcer exclusivement sur le texte adopté par l'Assemblée nationale, sans qu'aucune modification ne puisse être apportée. Il s'agit d'une garantie constitutionnelle qui assure la transparence et la sécurité juridique de la procédure », tranche le député de Pastef.
 
Est-ce que Diomaye a des choses à cacher ?
 
Pour sa part, le député Guy Marius Sagna a emprunté la phrase d’Axelle Kabou : « Et si l’Afrique refusait le développement ? » pour s’en prendre au président Diomaye. « Si le président de la République dit qu'il n'est pas d'accord avec la déclaration de patrimoine, on peut alors dire : ‘’Et si Diomaye refusait le développement du Sénégal ? Est-ce que Diomaye a des choses à cacher ?’' Et ceux qui trépignent ici depuis 5 heures, ainsi que les deux ou trois tondus qui sont dehors, leur discours montre qu'ils ne veulent pas que le Président apporte de la clarté. Ils veulent que ce que faisaient les présidents qui l'ont précédé, il continue à le faire : c'est-à-dire que les présidents volent l'argent du Sénégal en passant par les fonds politiques et autres, sans que personne ne le sache. Car si l'on fait une déclaration de patrimoine à l'entrée et à la sortie, on saura si tu as volé ou détourné les biens du Sénégal, ou non », souligne le député qui précise que cette révision préserve les intérêts du peuple, préserve les ressources du Sénégal et rétablit la droiture et la transparence ». Poursuivant, il rappelle que cela fait dix ans que Pastef s’oppose à un président chef de parti. « C'est sur cette base qu'il a été élu. Et aujourd'hui, il vient dire qu'il veut déchirer cela, qu'il est désormais d'accord pour que le président de la République soit président de parti. Cela veut dire que nous avons deux Sénégal : Un Sénégal digne où les hommes politiques doivent tenir leur parole et un Sénégal où un homme politique peut clignoter à gauche et tourner à droite. En d’autres termes, c’est le choix entre deux camps : ceux qui veulent assainir l’espace politique et ceux qui veulent continuer les tromperies et les reniements », regrette le député activiste.
 
Les lobbies Lgbt sont derrière eux, mais n'ont pas le courage de le dire
 
En outre, il révèle que cette révision va renforcer les valeurs et les coutumes du Sénégal. « Il y en a qui n'ont pas le courage de le dire, mais ils ne veulent pas voir dans la Constitution que le mariage au Sénégal est exclusivement l'union entre un homme et une femme. Les lobbies Lgbt sont derrière eux, mais ils n'ont pas le courage de le dire haut et fort. C'est pourquoi ils font des détours, et personne ne vous dira clairement avec quoi ils ne sont pas d'accord. Parce qu'ils ont peur de dire qu'ils ne sont pas d'accord avec le fait que le mariage au Sénégal soit défini entre un homme et une femme », charge Guy Marius Sagna. Il ajoute aussi que cette révision vise à renforcer la souveraineté du citoyen sénégalais sur ses ressources naturelles, mais aussi sur ses ressources foncières. « Aujourd'hui, avant de toucher aux terres ou de toucher aux ressources naturelles du Sénégal, si l'on veut y faire des modifications majeures, il faudra consulter le peuple du Sénégal à travers ses représentants, ici à l'Assemblée nationale », explique le député.
 
Pas d’amnistie ou de grâce pour ceux qui ont commis des violations graves des droits de l'homme
 
« Sur le fond, cette nouvelle révision constitutionnelle nous dit une chose essentielle par rapport aux événements politiques, par rapport aux violations graves des droits de l'homme. Il nous dit qu'il n'y a plus besoin de voter de lois d'amnistie ou des droits de grâce pour ceux qui ont commis des violations graves des droits de l'homme. L'autre chose, c'est une loi, révision constitutionnelle qui protège la famille et la société, qui protège le mariage et les droits de l'enfant et qui donne une base juridique constitutionnelle à toutes les interdictions, notamment les sites internet et autres qui agressent notre société et ses valeurs. Qui peut être contre ces mesures ? Qui peut être contre la mesure qui nous dit que désormais, pour aliéner les ressources naturelles, il faudra au préalable une convention d'investissement concernant les ressources naturelles qui doit passer à l'Assemblée nationale ? Qui peut croire un seul instant que cette réforme a des soubassements politiques ? Qui peut croire qu'une réforme qui nous dit que désormais, le patrimoine foncier, les ressources naturelles sont dans la souveraineté permanente du peuple sénégalais et qu'ils vont passer les gouvernements et les régimes ? Ce sont des prescriptions qu'on veut nous faire passer par pertes et profits en mettant en avant les questions politiques », a indiqué pour sa part Amadou Ba. S'agissant de la déclaration de patrimoine, il révèle que c'est l'obligation même de transparence dans la gestion. « C'est ça qui fonde la légitimité des autorités. C'est une donne sur laquelle on ne peut plus revenir en arrière », dit-il.
 
M. CISS
 
 
 
 
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