Il ne s’en cache plus, à chaque fois que l’occasion se présente, le Premier ministre se démarque un peu plus de la vision du Président Bassirou Diomaye Faye, par rapport à certains points, notamment la reddition des comptes, mais aussi l’application de la justice dans l’affaire des martyrs. Ousmane Sonko assure qu’il compte rester en alerte contre tous les agissements contraires au «Jub Jubal Jubbanti», peu importe les auteurs.
On l’aura compris, le principal point de discorde entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko réside dans la reddition des compte et la marche de la justice. Moins de 24 après le discours du Président Bassirou Diomaye Faye, assurant sa détermination à faire régner la paix et la concorde au Sénégal, Ousmane Sonko prend son contre-pied pour réaffirmer la nécessité de tirer au clair la gestion de l’ancien régime. Présidant la cérémonie de clôture des 72 heures culturelles et sportives de la commune de Passy, le Premier ministre est largement revenu sur les « règles de base pour une gestion sobre et rigoureuse » de nos ressources.
Ce dernier fait noter d’emblée que l’engagement du président de la République, le sien ainsi que celui de tout le gouvernement ne suffisent pas à remettre le pays sur les bons rails, il faudra impérativement que la population adhère à l’idée et veille à son tour que tout soit fait exclusivement pour l’intérêt du Sénégal.
« Le système est toujours présent, dans l’administration à la primature, à la présidence »
Ousmane Sonko campe ainsi sur sa position par rapport à la reddition des comptes et la réorganisation de la justice. « Je pense que nous partageons tous le même avis, notre pays doit se construire sur la base du Jub Jubal, mais surtout du Jubbanti, pour nous départir des mauvaises habitudes dans la gestion. Le système que nous avons promis de combattre est toujours présent aussi bien dans l’administration, dans la justice, à la primature et même à la présidence de la République. C’est un combat sans merci qui nous en débarrassera », a clamé Sonko devant les populations de Passy.
« Être Premier ministre ne m’empêchera pas de dire mes vérités »
Poursuivant, Ousmane Sonko assure qu’être le Premier ministre ne l’empêche pas de dire ses vérités. « Tout ce que je jugerai contraire au Jub Jubal Jubbanti, peu importe son auteur, je me donnerai les moyens de le combattre, d’abord en douce comme tout bon homme d’Etat. Mais, si les auteurs persistent, nous prendrons l’opinion à témoin pour le dénoncer ouvertement et vigoureusement », promet Ousmane Sonko, qui annonce une nouvelle sortie sur la question de la reddition des comptes et l’application de la justice pour très prochainement.
A l’en croire, la seule raison qui le maintient à son poste de Premier ministre, c’est de veiller à la bonne gestion de nos ressources, mais certainement pas pour le prestige. « Passy va avoir son premier lycée depuis les indépendances, pour 3 milliards 500, vous imaginez le nombre de lycées que l’on peut avoir avec les 100 milliards que certains dignitaires de l’ancien régime ont mis dans leurs poches ? Pourtant, il y a des gens qui estiment que même ceux qui sont épinglés par des rapports de Cour des comptes ou Ige ne doivent pas être inquiétés », fulmine le Premier ministre, qui fait noter que le Sénégal n’est pas pauvre, les ressources ne sont simplement pas utilisées à bon escient.
« La seule raison qui me retient à mon poste de Premier ministre, c’est de veiller à la bonne gestion des affaires »
Pour lui, les populations doivent savoir que tout politicien qui distribue de l’argent de gauche à droite est un voleur. « La relation entre un homme politique et les populations doit être basée sur la confiance. Si jamais celle-ci se rompt, il ne pourra plus compter sur eux. Et nous devons garder à l’esprit que notre responsabilité en tant que dirigeants ne s’arrête pas ici-bas, nous rendrons compote devant Dieu », professe-t-il.
« Quand une chose ne marche pas, il faut avoir le courage de la changer »
Ousmane Sonko de s’attaquer ensuite à la politique agricole pour souligner qu’aucun des acteurs qui composent le secteur n’est content des résultats obtenus. « Malgré toutes les subventions de l’Etat, les paysans, les industriels, encore moins l’Etat ne sont contents des résultats obtenus après chaque traite. Quand une chose ne marche pas, il faut avoir le courage de la changer », indique-t-il.
« Il faudra être patient pour récolter les fruits de notre travail ensemble »
Invitant les populations à être davantage patientes, le Premier ministre aborde la question de l’immigration clandestine : « je vous tiendrai toujours un discours de vérité, comme je l’ai toujours fait. Il faudra être patients pour récolter les fruits de notre travail ensemble. Ceux qui vous font croire que vous devez exiger des résultats tout le suite sont les mêmes qui ont pillé nos ressources. L’Europe n’est pas la solution, ne mettez pas vos vies en danger, alors que vous pouvez utiliser l’argent pour travailler ici, dans votre pays. Ceux qui vous poussent à prendre les pirogues sont vos ennemis », dit-il. En ce qui concerne la renégociation des contrats pour nos ressources naturelles, Ousmane Sonko assure que le Sénégal va récupérer tout ce qui lui revient de droit.
Nd. Kh. D. F