MADIAMBAL DIAGNE SUR LA DÉCISION DE LA COUR D'APPEL DE VERSAILLES «Je suis parti pour de longues procédures judiciaires en France… un recours devant le conseil d’État sera de rigueur si d’aventure un décret d’extradition serait pris»




 
 
 
Réagissant à la décision rendue hier par la Cour d'appel de Versailles, Madiambal Diagne, patron de presse et voix critique du pouvoir de Dakar, dit être parti pour de longues procédures judiciaires en France. Estimant qu’il s’agit néanmoins d’une demi-victoire qu’ils n’oseraient pas espérer devant la justice sénégalaise, l’éditorialiste sénégalais assure qu’un recours devant le conseil d’État sera de rigueur si d’aventure un décret d’extradition serait pris.
 
 
 
Madiambal Diagne a réagi mardi à la décision de la Cour d’appel de Versailles. Une décision que l’homme d’affaires et patron de presse sénégalais, Administrateur général du Groupe Avenir Communication, juge contestable et qu’il entend combattre par tous les moyens légaux. «Je me sens vraiment serein, confiant. Les avocats dont Me Brengarth ainsi que le pool d'avocats du Sénégal qui était représenté à ces différentes audiences par Me Ousmane Thiam, ont porté le dossier avec des arguments de droit très pertinents et des arguments factuels, mais aussi avec un plaidoyer très pertinent. Je crois que tout le monde a pu reconnaître cela. Et c'est ce qui nous vaut vraiment cette décision d'aujourd'hui qui est une demi-victoire. La Cour a coupé la poire en deux. C’est quelque chose que je peux considérer comme plus ou moins inédit, parce qu'une demande d'extradition, on est satisfait ou on n'est pas satisfait. Mais dire que nous coupons la poire en deux, en disant qu’on est partiellement pour un avis favorable, ça pose un problème peut-être de droit ou de pratique judiciaire que mes avocats ont relevé et qu'ils veulent en cassation», a d’abord déclaré Madiambal Diagne, à la presse, entouré de ses soutiens, après le prononcé de la décision.
Plus tard, dans une déclaration rendue publique sur X, Madiambal Diagne affiche sa détermination à engager un long combat judiciaire en France. « Je suis parti pour de longues procédures judiciaires en France. La décision mi-figue mi-raisin de la Cour d’appel de Versailles appelle un recours en Cassation introduit immédiatement », a-t-il affirmé, estimant que « la bataille juridique ne fait que commencer ».
 
 
Les batailles futures
 
 
Selon lui, un pourvoi sera déposé sans délai devant la Cour de cassation afin de contester l’arrêt rendu par la juridiction d’appel. Il va plus loin en annonçant un second front procédural. «Aussi, un recours devant le conseil d’État sera de rigueur si d’aventure un décret d’extradition serait pris», a-t-il ajouté, laissant entendre qu’il entend contester toute décision administrative qui viendrait entériner son extradition. Le conseil d’État pourrait ainsi être saisi dans l’hypothèse où un décret d’extradition serait signé par les autorités françaises.
Interpellé sur une potentielle pression exercée par l'État du Sénégal sur l'État français pour qu’il soit extradé vers Dakar, l’éditorialiste sénégalais dira que «pour l'instant, l'État français n'est pas encore en cause». «C'est la justice française qui s'est prononcée, qui a donné une décision qui est susceptible de certaines voies de recours. Nous apprécierons quand toutes les procédures judiciaires seront épuisées et à ce moment-là, on verra… Nous sommes dans un Etat de droit. C'est parce que j'ai confiance en la justice française, en l'Etat de droit de la France que je suis venu ici en France. Et je ne suis pas déçu parce que la France a veillé tout au long de la procédure à respecter les droits fondamentaux mais aussi à respecter les procédures régulières et c'est vraiment un bonheur pour moi, parce qu'au Sénégal, je ne pouvais pas prétendre avoir ce traitement-là», a-t-il encore déclaré.
Madiambal Diagne en veut pour preuve, le sort réservé à sa famille et ses proches après qu’il a décidé de quitter le Sénégal pour «préparer sa défense». «Vous voyez, tous mes amis, toute ma famille, tous mes proches qui ont été embastillés, embrigadés sans preuves ou sans aucune voie de procès, je pense que c'est parce que je suis en France que je peux m'exprimer aussi librement et que je peux vraiment pouvoir jouir d'une liberté. Voyez par exemple des personnes qui ont été poursuivies dans d'autres causes, qui ont été emprisonnées pendant plus d’un an sans même avoir été entendues sur les faits pour lesquels ces personnes ont été poursuivies. Les cas de Farba Ngom sont là, les cas Lat Diop étaient là, etc. Donc c’est vous dire qu’en France, nous sommes dans un autre environnement de droit, dans une autre situation juridique qui permet qu'on respecte les droits du justiciable et c'est tout un honneur pour la France. Et je dois vraiment rendre hommage à la justice française, au peuple pour avoir pu mettre en place un système judiciaire aussi efficace», a magnifié le journaliste.
 
 
 
Sidy Djimby NDAO
Correspondant permanent en France
 
 
 
LES ECHOS

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