Le jeu de yoyo apparent entre Serigne Ngoundou et Koromack cache mal une complémentarité du Yin et du Yang. A les entendre tous les deux en ce début d’année 2026, l’un dans son adresse à la Nation et l’autre discourant à Passy, l’on se dit que même s’ils rament à contre-courant l’un de l’autre, ils se complètent parfaitement. Serigne Ngoundou, qui incarne le Yin, est bien calme, réceptif et réconciliateur, garant des valeurs républicaines. Koromack, dans la force du Yang, est actif, en mouvement et même en feu, décidé à régler leurs comptes aux prédateurs des ressources et deniers publics. Et comme les deux éléments du principe chinois, les deux hommes s’imbriquent, chacun prenant un peu de l’autre. Si on leur prête des bisbilles alimentées par des divergences sur les options politiques, l’on sent tout de même une complicité entretenue en public. Lorsque Prési encense le Premier ministre et son gouvernement, ce dernier, dans sa croisade pour le Jub-Jubal et surtout le Jubbanti, affirme agir en douceur d’abord, en bon homme d’Etat. Cette dualité dans les discours, où l’un affirme garder le cap de la sacralité de son serment devant la nation, et l’autre clame et dénonce la présence toujours du système qu’ils avaient combattu, entretient un équilibre contradictoire assez instable, qui balance au gré des prises de position.
Waa Ji