LUTTE CONTRE LA MENDICITÉ, LES TRAITES ET LES TRAFICS : L’Adha salue l’action de l’État et appelle à remonter aux réseaux




 
 
 
À la suite de son communiqué d’alerte publié le 16 août, l’Action pour les droits humains et l’amitié (Adha) salue la réaction des autorités compétentes et l’intervention de la Police nationale face à la situation de mendicité, de traite et de trafic. L’organisation présidée par Adama Mbengue appelle ainsi la police à remonter aux réseaux.
 
 
 
Dans un communiqué publié ce mercredi 19 août, l’organisation considère cette intervention comme « une première réponse de l’État » à une situation qui nécessite désormais une action coordonnée sur les plans judiciaire, social et migratoire.
Adha appelle ainsi les autorités à poursuivre les investigations afin d’identifier les victimes potentielles, d’établir les responsabilités et surtout de remonter jusqu’aux éventuels organisateurs et bénéficiaires de l’exploitation. L’organisation rappelle, à cet égard, les dispositions de la loi n° 2005-06 du 10 mai 2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes.
Pour Adha, une distinction fondamentale doit être maintenue entre les victimes et les personnes qui les exploitent. « Les victimes ne doivent pas être confondues avec les exploiteurs », insiste l’organisation, qui estime que la réponse publique doit à la fois protéger les premières et poursuivre les seconds.
Cette prise en charge doit, selon l’Adha, s’effectuer dans le respect de la dignité humaine, de l’intérêt supérieur de l’enfant et des garanties applicables aux personnes vulnérables.
 
 
 
Le précédent de mars 2022
 
 
 
Au-delà de l’intervention policière, l’organisation plaide également pour un renforcement de la coopération entre le Sénégal et les pays d’origine des personnes concernées. Adha estime que, lorsque les conditions juridiques et humanitaires sont réunies, des retours volontaires ou des rapatriements organisés peuvent être envisagés.
L’organisation cite à ce titre le précédent de mars 2022, marqué par le rapatriement de 1053 ressortissants nigériens, parmi lesquels 478 enfants. Pour Adha, cette opération démontre qu’une réponse coordonnée avec les pays d’origine est possible.
Mais l’organisation prévient que le retour ne doit pas constituer l’aboutissement de la réponse publique. Il doit, au contraire, être accompagné de mesures d’identification et de protection des victimes, mais aussi d’enquêtes permettant de déterminer l’existence d’éventuels réseaux d’exploitation.
Adha salue ainsi l’intervention engagée par les autorités tout en les appelant à « aller jusqu’au bout » de la démarche : protéger les victimes, enquêter, poursuivre les responsables, démanteler les réseaux et, lorsque le droit le permet, organiser le retour dans la dignité.
Pour l’organisation dirigée par Adama Mbengue, la lutte contre la traite des personnes ne saurait donc se limiter aux interventions visibles dans la rue. Elle doit également permettre d’identifier ceux qui organisent ces pratiques et ceux qui en tirent profit. « La véritable lutte contre la traite ne s’arrête pas à la rue : elle doit remonter jusqu’à ceux qui en tirent profit », conclut l’Adha.
 
 
 
Sidy Djimby NDAO
 
 
LES ECHOS

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