Assommé par un scénario catastrophe en fin de match, le milieu de terrain des Lions de la Teranga, Idrissa Gana Gueye, ne cache pas son immense détresse après l'élimination du Sénégal. Entre la douleur d'un dénouement cruel, les justifications sur sa sortie physique et un recadrage cinglant des médias sur le prétendu « problème des cadres » dans le vestiaire, le joueur livre un témoignage brut, sans langue de bois.
« On a fait ce qu’il fallait jusqu’à la 86ème minute... c’est notre destinée »
« Ouais, avant tout on va dire Alhamdulillah parce que c'est Allah qui donne la victoire. Donc quand il y a des défaites comme ça aussi, il faut savoir remercier le Bon Dieu et savoir accepter. C'est dur, c'est cruel. On aurait aimé aller loin dans cette compétition mais malheureusement, voilà, c'est comme ça, c'était notre destinée. On a tout donné sur le terrain. On a fait ce qu'il fallait jusqu'à la 86ème minute où on prend ces deux buts-là qui nous mettent un coup derrière la tête. Puis mentalement, c'était après compliqué de revenir. Et ce penalty à la dernière minute... Voilà, c'est comme ça. C'est dur pour nous d'expliquer ou de comprendre la situation, mais il faut savoir dire Alhamdulillah dans n'importe quelle situation. »
« C’est facile de pointer du doigt les changements... quand il y a une défaite, on cherche toujours les erreurs »
« Non, je pense qu'aujourd'hui, c'est facile de pointer du doigt les changements. Je pense que si ça avait été... si on avait gagné ce match-là, personne n'aurait posé cette question-là. Mais voilà, aujourd'hui, forcément, quand il y a une défaite, on cherche toujours les erreurs. Je pense que c'est difficile pour nous aujourd'hui de comprendre cette situation-là. Le plus important pour nous maintenant, c'est... on a juste hâte de rentrer à l'hôtel, prendre nos affaires et puis rentrer au pays auprès de notre peuple, de notre population. Voilà, c'est comme ça. On leur a amené la Coupe il n'y a pas longtemps, cette fois-ci, voilà, on va rentrer avec cette élimination de la Coupe du monde. C'est cruel, c'est dur, mais voilà. On aurait aimé faire mieux, mais c'est comme ça, c'est le football. »
« J’étais fatigué, j’ai demandé au coach parce que je n’arrivais plus à avancer »
« Non, j'étais un peu fatigué. Oui, j'étais fatigué, j'ai demandé au coach parce que je n'arrivais plus à avancer, mais bon... après voilà. »
« Je trouve ça dommage... faut arrêter avec cette histoire des cadres ! »
« Non, mais je ne comprends pas cette question. Et je trouve ça dommage en fait. Depuis le début de la compétition, même avant, on parle beaucoup des cadres, on nous diabolise, on nous... En fait, je ne comprends pas. Les cadres, ils sont juste là pour s'assurer du bon fonctionnement, comme dans toutes les équipes. Je pense que si vous jouez au foot, si vous demandez à toutes les équipes au monde, que ça soit en club ou en équipe nationale, tu as toujours des cadres. C'est comme ça que ça se passe dans toutes les équipes.
Au Sénégal, à un moment donné, c'est devenu, je ne sais pas... problématique. "Les cadres ont dit ci, les cadres ont dit ça, les cadres font ça"... alors que les cadres ne font rien d'autre que respecter les consignes du coach. Le coach, il a envie de faire passer des messages, bah il passe par les cadres et on fait circuler dans tout le groupe. S'assurer que, bah, les joueurs qui sont déçus parce qu'ils ne jouent pas, être là, parler avec eux, que voilà, qu'il faut rester en groupe, qu'on est tous ensemble. Ceux qui sont en moins bonne forme, bah leur parler pour qu'ils travaillent un peu plus. On ne fait rien d'extraordinaire. On fait tout comme toutes les autres équipes ».
« On est tout aussi déçus que vous, voire plus même »
« Au peuple sénégalais, merci à vous. Merci d'être là pour nous, d'avoir cru en nous, de nous avoir supportés. On est désolés pour cette élimination. Encore une fois, on aurait aimé aller loin dans cette compétition pour vous, mais malheureusement, c'est là où s'arrête la compétition pour nous. On est tout aussi déçus que vous, voire plus même, parce qu'en tant qu'acteurs, on a cette envie de gagner pour notre population. Aujourd'hui, c'est une défaite, une élimination, donc c'est très dur. Merci. »