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LE MINISTRE BASSIROU SARR SUR LA GREVE DU FSDT « Aller en grève, c'est impacter la croissance »




 
 
 
 
 
Le ministre chargé du Budget, Bassirou Sarr, a invoqué le contexte macroéconomique difficile à l’origine de la pression budgétaire du Sénégal depuis quelques années. Ainsi, devant la volonté affichée des centrales syndicales d’aller en grève pendant trois jours, il préconise le dialogue. A l’en croire, la grève impacte la croissance et par ricochet, tous les Sénégalais.
 
 
 
 
 
En prélude à la grève de 72 heures (les 21, 22 et 23 octobre) annoncée par le Front syndical pour la défense du travail (Fsdt) qui regroupe différentes centrales syndicales dans différents secteurs d’activités, le gouvernement, à travers une dizaine de ses représentants, a fait face à la presse pour inviter les partenaires sociaux à renoncer à leur mot d’ordre de grève et de poursuivre le dialogue. A cet effet, le ministre auprès du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan chargé du Budget, Bassirou Sarr, est revenu sur le contexte macroéconomique qui, à l’en croire, est à l’origine de la pression budgétaire dans lequel l'État navigue depuis quelques années. Et, il en veut pour preuve deux facteurs pour l’année 2026 : « Le premier facteur marquant c'est le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient qui a fait passer le prix du baril de 37.362 francs Cfa à 61.200 francs Cfa ; soit une augmentation de 23.800 francs Cfa. C'est un fait qui reflète la conjoncture et la géopolitique et tous les pays du monde en sont impactés. Et, l’énergie est une denrée qu’on retrouve partout. Quand le prix de l'énergie augmente, c'est toute la vie économique qui est impactée. A chaque fois que le prix de l'énergie connaît des fluctuations qui sont importantes, ce sont les équilibres budgétaires des pays qui sont bouleversés », explique le ministre Bassirou Sarr. Ce qui est attendu, dit-il, dans ce contexte, c’est un sursaut, une bonne compréhension des enjeux pour notre pays en tenant compte, ajoute-t-il, de toutes les actions que nous que nous posons. Le second facteur invoqué par le ministre chargé du Budget est l'intelligence artificielle qui est énergivore du fait de la forte consommation en énergie des centres de données ; mais aussi, du coût très élevé de l’intelligence artificielle. Aussi, a-t-il invité les partenaires sociaux à garder à l’esprit ces éléments de contexte pour savoir ce qui est possible de ce qui ne l’est pas. Pour autant, il révèle que l’Etat fait tout ce qui est possible pour maintenir ses dépenses obligatoires ; notamment les salaires et les acquis des travailleurs. Dans cette dynamique, Bassirou Sarr est revenu sur les réalisations effectuées dans le cadre Pacte de stabilité sociale. Ainsi, sur l’indemnité de logement, il renseigne que l'État a déjà payé 13,2 milliards de francs Cfa au bénéfice de 13.000 agents, soit 1,3 milliard par mois. « Pour le reste de l'année, le montant total est projeté à 15,8 milliards de francs Cfa. Ce qui permet de satisfaire totalement cette doléance », ajoute M. Sarr. Concernant les contractuels de santé, il annonce qu’une enveloppe de 1,2 milliard a été inscrite dans la Lfr et sera consolidée dans la loi de finances initiale 2027 pour la prise en charge de ces derniers au titre du logement. Toujours, dans le secteur de la santé, il précise que l’Etat a respecté son engagement de recruter 2 500 agents pour 14,5 milliards par an. Mieux, il révèle que l’Etat se projette à un recrutement complémentaire de 3 000 agents afin de renforcer le système de santé. Ce qui fait au total 31 milliards par an avant les recrutements prévus pour l'année 2027. « Pour l'éducation et l'enseignement supérieur, l'État s'était engagé à recruter 500 enseignants supérieurs dans le cadre d'un programme triennal pour 1500 recrutements. Toutes les diligences sont mises en œuvre pour que la première vague soit totalement intégrée. Du côté des employeurs, nous nous efforçons depuis deux ans, à renforcer les entreprises. En 2025, il y a un montant de 404 milliards qui a été payé aux entreprises au titre des arriérés et nous poursuivons cet effort en 2026 avec une enveloppe de 300 milliards qui est complétée aussi par un autre montant de 269 milliards dédié à l'apurement des arriérés au titre des impôts et taxes », fait remarquer Bassirou Sarr qui rappelle néanmoins que l’Etat reste ouvert au dialogue avec toutes les centrales syndicales dans le but d’avoir la même compréhension des difficultés et des défis afin de les résoudre en bonne intelligence. « Aller en grève, c'est impacter la croissance. Et, une croissance moins importante impacte tous les Sénégalais, non seulement ceux qui vont en grève, mais ceux qui ne vont pas en grève », indique le ministre chargé du Budget.
 
M. CISS
 
 
LES ECHOS

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