LE FILS DE MADIAMBAL DIAGNE PARLE APRÈS SA LIBÉRATION : Serigne Saliou Diagne dénonce une « persécution » et évoque « un rebondissement du destin »




 
 
 
Sorti de prison sous contrôle judiciaire, il y a quelques jours, Serigne Saliou Diagne, fils de Madiambal Diagne a livré un témoignage long et empreint de spiritualité, dans lequel il remercie ses proches, défend les coaccusés encore incarcérés et qualifie sa détention de tentative de l’abattre moralement.
 
 
 
Serigne Saliou Diagne, fils du journaliste et patron de presse Madiambal Diagne, a brisé le silence après plusieurs semaines passées en détention préventive. Bénéficiant récemment d’une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire, il a publié un texte dense, personnel, parfois introspectif, dans lequel il revient sur les “persécutions inlassables” dont lui et sa famille seraient victimes. Une sortie publique qui intervient dans un contexte judiciaire toujours sensible et qui relance les débats autour de cette affaire à multiples ramifications.
Dès les premières lignes, Serigne Saliou Diagne exprime une profonde gratitude envers ceux qui l’ont soutenu durant son incarcération. Il remercie “tous [ses] proches, amis, collègues” ainsi que “tous ceux qui ont été préoccupés” par ce qu’il qualifie de “tribulations”, évoquant le rôle crucial du soutien moral, des prières, des appels et des visites reçues à l’établissement correctionnel.
Il n’oublie pas non plus les avocats qui ont assuré sa défense, saluant “leurs efforts” et leur accompagnement dans ce dossier qu’il décrit comme complexe et difficile.
Une part importante de son texte est consacrée à trois personnes toujours incarcérées : Mouhamed Diagne, Mabintou Diaby Diagne et Serigne Omar Mbaye. Pour eux, Serigne Saliou Diagne exprime à la fois compassion, solidarité et conviction inébranlable en leur innocence.
“Nous souhaitons leur retour dans leurs familles respectives, car nous sommes convaincus de leur innocence”, affirme-t-il, qualifiant leur situation de “procès divin”. Il dit croire, avec une certaine dimension mystique, que “le Meilleur juge les libérera de cette tourmente”.
Cette posture, marquée par un lexique religieux et un appel à la patience, laisse transparaître une volonté de replacer son expérience personnelle dans une dimension spirituelle, où la détention devient une épreuve destinée à produire un enseignement moral.
 
 
“Une tentative de persécuter un homme”
 
 
Dans son récit, Serigne Saliou Diagne revient sur sa propre détention. Il la décrit comme “un rebondissement du destin”, s’inscrivant dans ce qu’il perçoit comme une volonté de lui nuire, voire de l’atteindre par ricochet à travers son père, Madiambal Diagne.
“Ma détention n’est rien d’autre qu’un rebondissement du destin dans une tentative de persécuter un homme après de nombreux efforts”, écrit-il, suggérant que des pressions ou des hostilités antérieures auraient précédé son incarcération. Il dit avoir “tiré beaucoup de leçons” de cette période, évoquant l’éducation reçue au sein de sa famille, fondée selon lui sur “le travail digne”, “le respect des autres” et “la fermeté dans la position à tenir”.
Ces assertions laissent entendre que, dans sa lecture des faits, son arrestation s’inscrit dans une dynamique de représailles ou d’acharnement. Une affirmation lourde, dans un contexte où les procédures judiciaires engagées restent en cours.
 
 
Madiambal Diagne, une figure centrale en filigrane
 
 
 
Bien que le texte ne s’attarde pas sur les faits reprochés à son père ou sur l’état exact des poursuites, il évoque clairement la figure de Madiambal Diagne, qu’il dépeint comme un homme prêt à se défendre “comme il l’a toujours fait”. “L’histoire sera témoin de ses combats loyaux”, écrit-il, tout en admettant que son père peut parfois entraîner malgré lui des “victimes collatérales” dans ses batailles professionnelles ou personnelles.
Cette phrase, lourde de sens, peut être interprétée comme un regret, mais aussi comme une manière d’assumer ce qu’il considère comme un destin familial tissé d’épreuves successives.
 
 
 
Hommage à l’administration pénitentiaire et aux détenus de Rebeuss
 
 
 
La lettre de Serigne Saliou Diagne contient également un hommage appuyé aux prisonniers, notamment ceux de la prison de Rebeuss.
Il loue leur “solidarité”, leur “résilience” et leur “empathie” malgré les conditions difficiles, saluant leur “courage derrière ces murs”.
Pour eux, il espère “une nouvelle aube” où leurs souffrances “ne seront que des souvenirs”.
Dans une tonalité volontiers nuancée, Serigne Saliou Diagne adresse un mot de reconnaissance à l’administration correctionnelle, qu’il décrit comme travaillant “honorablement” malgré les “difficultés” auxquelles elle fait face. Lui qui affirme qu’“il faut être à l’intérieur pour comprendre” leurs conditions de travail semble vouloir souligner le professionnalisme des agents, tout en laissant deviner la dureté du quotidien dans les centres pénitentiaires sénégalais.
 
 
 
Un texte empreint de spiritualité
 
 
 
La conclusion de son message est marquée par une référence au Saint Coran. Serigne Saliou Diagne cite les versets 67 à 69 de la sourate Taha, évoquant l’épisode de Moïse face aux magiciens du Pharaon et la victoire de la vérité sur la manipulation. “Le magicien ne réussira pas, quoi qu’il fasse”, rappelle-t-il, dans une métaphore transparente, laissant entendre que les tentatives de le déstabiliser, ou de nuire à sa famille sont vouées à l’échec.
Cette référence religieuse, très présente dans son texte, constitue à la fois un acte de gratitude, un message d’espoir et un avertissement moral adressé à ceux qu’il estime responsables de son “épreuve”.
 
 
 
Sidy Djimby NDAO
 
 
LES ECHOS

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