Ceux qui gardaient encore un espoir de voir les rapports entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’améliorer peuvent désormais se faire une religion. Le fossé entre les deux s’est élargi encore ce week-end. Bassirou Diomaye Faye, qui lançait son nouveau parti, a envoyé beaucoup de menaces à peine voilées à son désormais ex mentor. Le chef de l’État, entre métaphore agricole et rappel de son engagement républicain, a adressé des piques à ceux qui confondent pouvoir et influence. Avec «Kiiraay : les patriotes républicains», il promet une formation fondée sur l’éthique, la transparence et le service public, tout en avertissant ses partisans : «on y apportera ses bras et sa foi, pas ses appétits».
Même s’il n’a cité le nom de Ousmane Sonko à aucun moment de son discours, chaque anecdote et engagement partagés par le Président Bassirou Diomaye Faye faisaient penser à ce dernier. Le leader de Kiiraay : les patriotes républicains, galvanisé par ses militants et alliés, soutient avoir appris ses premières leçons politiques durant son enfance dans les champs de son Ndiaganiao natal. Ce dernier, illustrant son propos par la forte ressemblance entre l’épi de mil et celui de «Jeumb», confie que ce n’est qu’à la moisson que la valeur de chacune de ces deux plantes se révèle.
Le chef de l’Etat assure que le temps est le plus honnête des juges, il sépare à la fin ce qui nourrit de ce qui occupe, ce qui construit de ce qui promet et ce qui sert de ce qui dessert. «La vie publique a ses semailles et ses moissons elle aussi. Elle a ses saisons de déception. Je ne suis pas venu les raconter ni m’en plaindre. Chez nous, un paysan ne passe pas sa saison à maudire l’herbe folle. Il se lève avant le jour, choisit sa semence et retourne aux champs, me voici donc aux champs», déclame Diomaye qui qualifie «Kiiraay : les patriotes républicains» de «famille qui se choisit».
«Quand on est opposant on n’est responsable de rien. Lorsque l’on exerce le pouvoir, on est responsable de tout»
Comme pour chambrer Ousmane Sonko davantage sans le nommer, Diomaye dira : «j’ai compris que quand on est opposant, on n’est responsable de rien en aucune façon, mais lorsque l’on exerce le pouvoir, on est responsable de tout, de toutes les façons. (…) j’ai compris aussi que ce qui tient un pays dans le calme et dans la tempête, ce ne sont ni les slogans ni les foules, ni même les hommes et les femmes ; ce sont les institutions», fait savoir Bassirou Diomaye Faye, qui clame son attachement à la République.
«Croyez-moi, aucun adepte de la violence ne va s’extasier désormais dans ce pays»
Diomaye Faye de rendre hommage à tous les Sénégalais tombés, de l’indépendance à nos jours, pour construire ce dont nous avons hérité. «Leur mémoire ne nous demande ni vengeance ni silence. Elle nous demande de faire en sorte que plus jamais, dans ce pays, un désaccord politique nous coûte une vie. ‘’Saa Fitnë du fi naaneti neex’’ (croyez-moi, aucun adepte de la violence ne va s’extasier désormais dans ce pays). Ce que ces années ont défait, il nous appartient de le réparer, nous en sommes capables car ce peuple a toujours su retrouver le chemin de la concorde», prévient Diomaye Faye.
Nd. Kh. D. F
Yankhoba Diémé : «Sur 46 coordonnateurs de la jeunesse patriotes, les 35 étaient au palais vendredi»
Le ministre des Forces armées s’est encore attaqué vertement à ceux qui dénigrent leur choix. «Il n’y a plus personne au Pastef. Tout le monde a suivi le Président Bassirou Diomaye Faye. Sur 46 coordonnateurs de la jeunesse patriotes, les 35 étaient au palais vendredi. Le vrai Pastef, celui que le Président Bassirou Diomaye Faye a construit de ses propres mains avec des valeurs, a choisi de lui faire confiance. Même ce qui reste de ce Pastef va bientôt nous rejoindre», promet-il.
Marie Angélique Diouf: «ces nombreuses démissions notées au sein du Pastef, ce n’est que le début»
Marie Angélique Diouf, nouvelle ministre de la Femme, abonde dans le même sens en assurant que leur action va s’inscrire uniquement dans l’intérêt supérieur de la patrie. Pour elle, tous les patriotes sénégalais sont prêts, depuis longtemps, pour accompagner le Président Bassirou Diomaye Faye. D’après l’ancienne députée patriote, ces nombreuses démissions notées au sein du Pastef, ce n’est que le début. «Nous allons encore secouer le cocotier, croyez-moi beaucoup d’autres cocos vont tomber», ironise-t-elle avant de jurer fidélité à Diomaye Faye.
Abdourahmane Diouf : «ceux qui ont décidé de s’opposer doivent savoir qu’ils en ont minimum pour 8 ans»
Le bouclier du Président Diomaye, comme il se fait nommer, a comme à son habitude fait vibrer la salle. «Nous avons choisi la République, rien que la République que nous avons défendu sous les quolibets, les menaces parce que nous avons choisi le chemin de la patrie et de, la paix», déclare Abdourahmane Diouf, qui assure que son parti n’existe plus. A l’en croire le premier objectif de leur nouveau parti, c’est de gagner les élections locales haut la main, avec plus de 500 communes sur les 557 que comme le Sénégal. Faire pareil avec les législatives quand l’Assemblée sera dissoute, en cherchant une majorité avec plus de 130 députés. Et boucler la boucle avec la présidentielle de 2029». Abdourahmane Diouf assure que ceux qui ont décidé de s’opposer doivent savoir qu’ils en ont minimum pour 8 ans.
Aminata Touré : «437 partis, organisations et mouvements ont décidé de fusionner avec vous pour créer ce parti»
La superviseure de la coalition Diomaye Président salue le travail abattu durant les neuf mois qu’elle s’est chargée de mettre en œuvre les directives du Président Diomaye. Cette dernière dit avoir recensé 346 maires. Et actuellement 437 partis, organisations et mouvements ont décidé de fusionner avec eux pour créer ce parti.
Nd. Kh. D. F