La plénière qui s'ouvre demain à 15h aura des allures d’inquisition. Et le déballage sera intégral sur les travers d’un gornment qui refuse la transparence, mais aussi sur l’entêtement d’un parlement à ne pas transiger sur son désir de contrôle des fonds publics. Le ministre Diba a joué dimanche sa dernière carte : faire le point des remises documentaires à la Commission des Finances. Tableaux à l'appui, calendrier respecté, pédagogie assumée. Mais un angle mort béant : pas un mot sur les fonds spéciaux qui bloquent tout depuis deux semaines. Le gornment concède sur la forme, multiplie les annexes, mais noie le fond. Il occulte le nœud-gordien et espère encore une adoption en force contre l'avis d’une majorité parlementaire qui ne marche pas à la baguette. En face, sourde oreille du groupe Pastef. Les députés de la majorité ne veulent plus de demi-mesures ni de promesses verbales. Ils exigent la transparence totale avant tout vote et refusent de cautionner des dépenses sans justificatifs détaillés ni traçabilité. Après deux rejets en commission, le règlement intérieur est clair : plus de renvoi possible mardi. Ce sera oui ou non. Soit Pastef adopte et renie sa doctrine de rupture, soit Pastef rejette et Diomaye gouvernera par décret budgétaire. Dans les deux cas, c’est la gouvernance des faux jumeaux qui en prend un coup.
Waa Ji