L'ANCIENNE DIRECTRICE DE L'ADPME TRAÎNÉE EN JUSTICE : Marie Thérèse Diédhiou incriminée pour injures envers les Wolofs



L'ANCIENNE DIRECTRICE DE L'ADPME TRAÎNÉE EN JUSTICE
Marie Thérèse Diédhiou incriminée pour injures envers les Wolofs, ses avocats plaident l'annulation de la procédure, le procureur et les avocats de la partie civile demandent la continuité des poursuites
 
 
 
 
Marie Thérèse Diédhiou, ancienne Directrice générale de l'Agence de développement et d'encadrement des petites et moyennes entreprises (Adpme) sera à nouveau, ce mercredi, 22 avril 2026, devant le tribunal correctionnel de Dakar pour injures envers la communauté wolof etc. Lorsque l'affaire a été évoquée le 8 avril dernier, ses avocats avaient soulevé des exceptions pour demander l'annulation de la procédure en évoquant un vice. Mais le procureur et les avocats de la défense ont demandé le rejet des exceptions et la continuité des poursuites. Le juge statuera sur ces exceptions ce mercredi, 22 avril.
 
 
 
 
 
Les dommages collatéraux du procès de Azoura Fall se font toujours sentir. C'est à l'issue de cette audience que Marie Thérèse Diédhiou s'est retrouvée avec une procédure judiciaire sur le dos. Celle qui fut la Directrice de l'Agence de développement et d'encadrement des petites et moyennes entreprises, (Adpme) sous le règne de l’ex-président Abdoulaye Wade, a été attraite devant le tribunal correctionnel de Dakar pour faits de diffamation, d'insultes par le biais d'un système informatique et discours contraire aux bonnes mœurs. Cette procédure est initiée contre elle par le chroniqueur Abdoulaye Cissé dit Sa Wolof et ses camarades de parti, Ababacar Sadikh Diop et Ousmane Dieng. Sur les faits, il résulte de la citation que la comparante, Marie Thérèse Diedhiou, au sortir de l'audience de Azoura Fall qui s'est déroulée au palais de justice de Dakar, avait déclaré : "Saaga Ndey ci culture Sénégal la bokk. Yeen Wolofs yi yeenay saaga ndey chaque jour ma wax ko. Yeenay saga ndey ci Senegaal. Man Joola laa duma saga ndey..." (l’insulte fait partie de la culture sénégalaise. Ce sont les Wolofs qui insultent. Les Joolas n’insultent pas).
Ces propos, selon Sa Wolof et Cie, sont d'une extrême gravité et dépourvus de tout fondement. Mieux, ajoutent les parties civiles, les accusations graves, portées par la dame Diédhiou, ont considérablement sali l'honneur et la dignité de I‘ethnie wolof.
 
 
Marie Thérèse Diédhiou reprécise sa pensée
 
 
Convoquée et entendue, Marie Thérèse Diédhiou avait soutenu devant les enquêteurs que ses propos ont été déformés. Elle a déclaré que dans son discours, il n'a jamais été question d'insultes à la communauté wolof. Elle a tenu à rappeler que les insultes font partie de la culture wolof, du Sénégal, et quand elle parle de wolof, elle fait allusion à la culture sénégalaise d'une manière générale. En plus, elle a indiqué avoir fait une autre vidéo pour repréciser sa pensée tout en expliquant à l'opinion que la culture wolof est plus ouverte que les autres cultures, y compris même celle des Joolas dont elle est issue. La prévenue a dit être profondément au regret que des gens malintentionnés puissent mal interpréter ses propos, au point d'en arriver à la justice.
 
Me Ciré Cledor Ly plaide l'annulation de la procédure
 
L'affaire a été évoquée le 8 avril dernier. Mais, à l'audience, les avocats de la prévenue ont soulevé un vice de procédure pour demander l'annulation des poursuites. À en croire Me Ciré Cledor Ly, les droits de la défense ont été violés. L'avocat estime que la citation servie à sa cliente n'a pas visé les dispositions de l'article 258 du code pénal. D'autre part, il estime que le procureur a visé les articles 251 et 261 du code pénal alors que l'article 251 du code pénal n'a rien à voir avec la diffamation et avec les infractions pour lesquelles elle comparaît. «L'inobservation des règles entraîne une nullité de la procédure», assure Me Ciré Cledor Ly. L'article approprié selon le conseil c'est 431-1 et il n'a pas été visé. La robe noire a aussi évoqué l'exception veritatis dont a été privée sa cliente. Au regard de tout cela, il a plaidé l'annulation de la procédure.
 
 
Délibération sur les exceptions demain

 
 
Pour sa part, Me Seyba Danfakha, conseil des parties civiles, a révélé que la partie poursuivante s'est trompée de bonne foi concernant l'exception qu'on veut leur opposer. Car, dit-il, la procédure a été initiée par la partie civile alors que c'est une plainte qui a été déposée au niveau de la cybercriminalité. Sur ce, il a indiqué que cette exception ne peut nullement prospérer. Il a sollicité que les exceptions soulevées par la défense soient rejetées tout en demandant au tribunal d'ordonner la poursuite des débats. Le procureur a abondé dans le même sens en déclarant que la procédure a été respectée en plus d'être régulière. Il a sollicité le rejet des exceptions tout comme l'avocat de la défense. Après les observations du ministère public, le tribunal a fixé le délibéré pour les exceptions à ce mercredi 22 avril 2026.
 
Fatou D. DIONE
 
 
 
 
 
 

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