JOJ SENEGAL 2026 : Ces acquis de Macky, bafoués par Diomaye-Sonko ! (Par ABC)




 
 
Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a procédé samedi dernier à la réception officielle du Centre équestre de la Gendarmerie nationale à Diamniadio, après avoir inauguré le Village Olympique devant accueillir les délégations des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. À l’issue de la visite, le chef de l’État s’est déclaré très satisfait de la qualité des réalisations et rassuré par le niveau d’exécution des travaux.
Mais cette satisfaction ne peut occulter une question fondamentale : si le Comité international olympique (CIO) devait procéder aujourd’hui au choix du pays hôte, dans les conditions économiques, financières, diplomatiques, politiques et sociales que celles que connaît actuellement le Sénégal, notre pays aurait-il encore été retenu ? La réponse paraît malheureusement évidente : c’est non. Car l’organisation d’un événement de cette dimension ne se résume pas à construire des infrastructures. Elle suppose de présenter des garanties économiques et financières solides, une stabilité politique et sociale, des conditions de sécurité satisfaisantes, une administration capable de porter un projet d’envergure internationale et, surtout, une diplomatie suffisamment influente pour rassurer les partenaires et les délégations étrangères.
 
Ces garanties, le Sénégal les présentait en 2018. Les présente-t-il encore avec la même solidité en 2026 ? À l’évidence, non.  Les deux années de pouvoir du régime Pastef ont profondément dégradé les fondamentaux économiques, financiers et sociaux du pays. Les difficultés économiques persistent, les attentes de la jeunesse demeurent largement insatisfaites, les tensions sociales se multiplient et les contestations, notamment dans les universités, témoignent d’un malaise qui ne saurait être ignoré. À cela s’ajoute la question du pouvoir d’achat et de la vie chère, qui continue de peser lourdement sur les ménages.
 
 
Le Sénégal qui avait inspiré confiance au CIO n’est, manifestement, plus celui que nous présente aujourd’hui le régime Diomaye-Sonko. Le CIO avait choisi un Sénégal en pleine transformation. Il convient, d’ailleurs, de rappeler les circonstances dans lesquelles le Sénégal a été désigné, le 8 octobre 2018, pour organiser les JOJ. Cette décision historique ne fut ni un cadeau, ni le fruit du hasard. Elle était la reconnaissance internationale d’un pays qui avait engagé une profonde transformation économique et sociale, sous l’impulsion du Président Macky Sall et à travers notamment le Plan Sénégal émergent. À cette époque, le Sénégal affichait une trajectoire économique remarquable. Entre 2014 et 2018, le pays enregistrait une croissance moyenne supérieure à 5 %, avec une pointe de 7,2 % en 2017. Et cela, faut-il le rappeler, avant même l’exploitation de nos ressources pétrolières et gazières.
 
Le Sénégal ne disposait donc pas encore de cette nouvelle manne énergétique qui constitue aujourd’hui l’un de ses principaux atouts. Nous reposions essentiellement sur les mêmes ressources agricoles, minières, forestières et maritimes dont nous disposions depuis des décennies. Ce qui avait changé, c’était la politique économique, la gouvernance du développement et l’ambition nationale. Le Sénégal s’était engagé dans une nouvelle dynamique, avec des investissements structurants, une modernisation des infrastructures, une politique d’ouverture internationale et une stratégie visant à faire de Dakar un véritable hub régional. C’est ce Sénégal-là que le CIO avait choisi. Donc, une décision qui était, à la fois, sportive, économique et diplomatique
 
L’attribution des JOJ au Sénégal constituait, par ailleurs, une première historique pour l’Afrique. Elle était aussi une formidable marque de confiance dans les capacités de notre pays à organiser un événement de dimension mondiale. Car le choix d’un pays pour accueillir les Jeux Olympiques de la Jeunesse traduit une appréciation de sa solvabilité, de sa stabilité, de sa capacité organisationnelle, de son niveau de sécurité, de son rayonnement diplomatique et de son aptitude à mobiliser l’ensemble de ses forces autour d’un projet national. En choisissant Dakar en 2018, le CIO faisait donc confiance à un Sénégal qui apparaissait alors comme un pays stable, en croissance, ouvert au monde et engagé dans une trajectoire de transformation. Cette confiance avait un nom : la crédibilité du Sénégal. Cette crédibilité, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître qu’elle avait été patiemment construite sous le magistère de Macky Sall. Alors que reste-t-il de ces acquis après deux années de Pastef au pouvoir ? C’est là que se situe le véritable problème. Le régime en place revendique une rupture avec la gouvernance précédente pour présenter la refondation comme son principal horizon politique. Mais une rupture ne peut être une fin en soi. Elle ne vaut que si elle produit de meilleurs résultats. Or, deux ans après l’alternance, les Sénégalais attendent encore les effets concrets de cette prétendue transformation. La croissance ne se décrète pas. La confiance des investisseurs ne s’improvise pas. La stabilité sociale ne se proclame pas. La crédibilité diplomatique ne se construit pas par des discours. Elle se conquiert par la constance, la prévisibilité, la responsabilité et les résultats.
 
Depuis 2024, les difficultés économiques persistent, les tensions sociales s’installent, la jeunesse continue de chercher des perspectives et les universités demeurent régulièrement secouées par des mouvements de contestation. Le contraste est saisissant : nous allons accueillir les JOJ dans des infrastructures largement conçues, financées et réalisées sous Macky Sall, alors que les fondamentaux qui avaient permis au Sénégal d’obtenir cette confiance internationale semblent aujourd’hui sérieusement fragilisés. Voilà le paradoxe. Le mérite des JOJ ne saurait être réécrit. Il ne s’agit évidemment pas de contester au gouvernement actuel son rôle dans la finalisation et l’organisation de ces Jeux. Il s’agit simplement de rappeler une vérité historique : on ne peut pas inaugurer aujourd’hui les réalisations d’un projet sans reconnaître les conditions politiques, économiques et financières qui ont permis son lancement.
 
Le Président Macky Sall avait pris le pari de faire du Sénégal un pays capable d’accueillir les grands rendez-vous internationaux. Le CIO lui avait fait confiance. Les investissements ont été engagés. Les infrastructures ont été réalisées. Et Dakar est, aujourd’hui, en mesure d’accueillir la jeunesse olympique mondiale. Si l’adjudication des JOJ devait être faite aujourd’hui, dans le contexte économique, social, politique et diplomatique actuel, nul ne peut sérieusement garantir que le Sénégal aurait bénéficié de la même confiance. C’est précisément cette réalité que le pouvoir actuel devrait méditer. Car au-delà des querelles partisanes, une question demeure : qu’avons-nous fait de la crédibilité internationale et des acquis économiques, diplomatiques et institutionnels hérités de la précédente décennie ?
 
Les JOJ Dakar 2026 seront, à n’en pas douter, un grand moment pour notre jeunesse et pour notre pays. Mais ils seront aussi, qu’on le veuille ou non, le rappel vivant d’une époque où le Sénégal avait suffisamment de crédibilité économique, politique, diplomatique et sécuritaire pour obtenir la confiance du monde olympique. Le défi du régime Diomaye-Sonko n’est donc pas seulement de réussir les JOJ. Il est de démontrer qu’il est encore capable de préserver et de consolider les conditions qui avaient permis au Sénégal d’être choisi. À défaut, les JOJ 2026 risquent de devenir le symbole d’un paradoxe historique : un pays qui inaugure les infrastructures de sa réussite passée tout en fragilisant les fondations économiques, sociales et diplomatiques sur lesquelles cette réussite avait été bâtie.
 
Alioune Badara COULIBALY
Porte-parole APR
 
 
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