L'Alliance pour la République (Apr) voit dans la décision du Conseil constitutionnel, qui a déclaré contraire à la Constitution la loi adoptée le 29 juin 2026, un désaveu cinglant infligé au pouvoir. Le Secrétariat exécutif national (Sen) du parti de l'ancien président Macky Sall a dressé un réquisitoire sans concession contre la gouvernance de Pastef, dénonçant une réforme constitutionnelle «improvisée», une économie «asphyxiée», un Parlement transformé en «refuge politique» et une justice accusée d'entretenir «l'arbitraire».
L'Alliance pour la République n'a pas tardé à exploiter politiquement la décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi adoptée le 29 juin dernier. Pour les responsables de l'Apr, «cette séquence institutionnelle révèle l'improvisation qui aurait entouré une réforme pourtant présentée comme majeure». Le parti souligne «le paradoxe d'un chef de l'État obligé», selon lui, de saisir lui-même le juge constitutionnel afin de trancher un différend né d'une initiative présidentielle conduite sans véritable concertation.
Aux yeux de l'ancienne formation au pouvoir, «cette invalidation constitue un avertissement sévère sur la méthode employée». Ainsi, l’Apr appelle «à privilégier une démarche fondée sur le consensus, la transparence et le respect des institutions», estimant que la réforme engagée ne réunissait pas les conditions de sérénité indispensables à toute révision constitutionnelle.
«L'Assemblée nationale transformée en refuge politique»
L'une des attaques les plus virulentes du communiqué vise le fonctionnement de l'Assemblée nationale. L'Apr accuse la transformation de l'institution parlementaire en «refuge politique à travers le recrutement d'anciens ministres au sein de son administration». Le Sen estime que «ces nominations relèvent davantage de considérations politiques que d'impératifs administratifs et contribuent à alourdir les charges de fonctionnement de l'institution dans un contexte de fortes contraintes budgétaires. Une telle pratique est incompatible avec les principes de sobriété, de rationalisation des dépenses publiques et de bonne gouvernance régulièrement mis en avant par les nouvelles autorités. Le parti considère que le Parlement ne doit pas devenir un instrument de redistribution de privilèges financés par les contribuables».
Fatou DIOP