La coalition Diomaye Président a procédé hier à la mise en place officielle de son entité dédiée aux cadres. Le Think Tank se donne ainsi pour mission de fixer un cap stratégique qui va se baser essentiellement sur le rehaussement du débat politique. Aminata Touré, qui présidait la séance, ne s’est pas gênée de lancer quelques piques à leurs détracteurs, les accusant de vouloir pousser les intellectuels hors du champ du débat politique pour pouvoir manipuler les populations. Abdourahmane Diouf, lui, assure que si leur structure réussit sa mission, certains acteurs de la scène politique n’auront plus voix au chapitre.
Après avoir tiré un bilan élogieux des deux premières années de gouvernance du Président Bassirou Diomaye Faye, la superviseure générale de la coalition présidentielle a invité les cadres de ladite coalition à former un bouclier autour du chef de l’Etat pour l’accompagner dans sa vision. «En tant que cadres engagés, votre rôle est fondamental : accompagner le Président Bassirou Diomaye Faye sur le long parcours de sa gouvernance, en ayant une posture particulière. Nous ne sommes pas un rassemblement politique classique dans un processus de restructuration. Nous comptons aller plus loin», affirme Aminata Touré.
«Nous ne sommes pas un rassemblement politique classique…»
Selon cette dernière, le Think Tank sera un mouvement de rupture qui a besoin de cerveaux, de structures et de cadres organisés, pour changer définitivement le ton du discours politique dans ce pays. «Les intellectuels ont eu la tradition de façonner le discours politique. Malheureusement, ils ont choisi de se retirer quand les choses deviennent dures, pour ne pas se faire insulter, lyncher sur les réseaux sociaux. Il est temps que les intellectuels retrouvent leur courage. Je considère qu’il y a, de manière très organisée, une volonté d’un groupe très minoritaire, mais très restreint, qui réfléchit sur la manière de les pousser hors du champ public, parce que ces derniers arrivent à éventrer la manipulation», a déclaré la superviseure générale de la coalition Diomaye Président.
«Il est temps que les intellectuels retrouvent leur courage»
D’après cette dernière, cette structure des cadres se veut être un outil intellectuel qui va servir, renforcer, approfondir les ambitions du Président Bassirou Diomaye Faye. Pour ses missions, Aminata Touré soutient qu’il s’agira d’abord d’anticiper, être en avant sur les défis et ne pas les subir ; de proposer, c’est-à-dire nourrir le débat public ; tendre la main aux jeunes, faire émerger les compétences d’aujourd’hui et de demain, pour éviter que ceux qui n’ont ni compétence, ni aptitude ne monopolisent le débat public. «Nous ne voulons pas d’une adhésion de façade, nous souhaiterions voir de la compétence. Il nous faut de la loyauté, celle qui tient dans les moments difficiles qui sont maintenant au quotidien
avec des attaques de gens courageusement installés derrière des formes de protection institutionnelle ou derrière leur clavier. Il nous faut aussi beaucoup d’humilité», indique-t-elle tout en insistant sur l’unité et la cohésion. «Je le dis par expérience : la division est notre pire ennemie. Au sein d’un groupe d’intellectuels, nous sommes porteurs de nos propres vérités, mais également de nos propres égos», prévient-elle.
Abdourahmane Diouf : «Si nous misons sur le débat d’idées, certains vont finir par se taire»
Abdourahmane Diouf dira qu’en politique, chacun peut y avoir un apport : certains peuvent amener de l’argent, pour d’autres, ce sont des voix et d’autres amènent leurs idées. Il ne faut surtout pas penser que ceux qui amènent les idées sont les derniers de la classe. Pour lui, la mise en place de cette structure des cadres, le 2 avril, coïncidant avec la célébration des deux ans du Président Bassirou Diomaye Faye, n’est pas fortuite. «Nous sommes à un moment où le débat politique est très pollué. Il a perdu beaucoup de sa superbe. Il faudrait, au niveau de la coalition Diomaye, que l’on fasse le choix des idées. C’est notre responsabilité aujourd’hui de reposer les idées, la réflexion, la conception, au centre du débat politique. Nous en avons les capacités», déclare le ministre de l’Environnement qui lance un appel à tous les citoyens qui partagent la même vision que la coalition Diomaye. «Ce n’est pas aux autres de déterminer avec qui nous devons être ou pas. Ce n’est pas aux autres de déterminer le classement de notre équipe. Tous ceux qui se sentent investis d’une mission d’accompagner le Président de la République, sont les bienvenus, d’où qu’il puissent venir. Nous les appelons à venir participer au travail de conception, d’élaboration des idées pour soutenir le Président de la République. Je suis convaincu que pour les prochaines joutes électorales, ce sont les idées qui vont gagner», affirme Abdourahmane Diouf, qui assure en même temps : «il faudra, dans les prochaines semaines, que nous soyons partout où le débat nous appelle. Ne craignons pas d’être insultés ou lynchés. Ceci n’est que le début. Si nous misons sur le débat d’idées, certains vont finir par se taire».
Nd. Kh. D. F