En conférence de presse hier pour la publication de la liste des Lions qui doivent affronter la Bolivie et l’Iran, ces 24 et 27 septembre en France et en Autriche, le sélectionneur national a fait le tour des sujets d’actualité liés à la Tanière. Aliou Cissé, entre autres sujets, s’est exprimé sur les sorties des Lions, des individualités de sa liste ou encore de la mobilisation souhaitée derrière les Lions pour la Coupe du monde.
«On attend lundi pour pouvoir faire le point de l'ensemble des joueurs»
«29 joueurs sont convoqués pour ces deux rencontres qui servent de préparation pour la Coupe du monde. 29 joueurs dans des situations un peu compliquées. De ces 29 joueurs là vous verriez qu'il y aura des incertitudes. On attend lundi pour pouvoir faire le point de l'ensemble des joueurs. Il y aura peut-être des blessés. C'était important de convoquer et d'être dans une certaine continuité tout en ouvrant aussi l'équipe nationale à d'autres garçons. 19 septembre à Paris début du regroupement. »
«On a fait du cas par cas»
«Pour les nouveaux, il y a Mory Diaw qui est un nouveau gardien qui a joué en Suisse l'année dernière et aujourd'hui il vient nous rejoindre. Noah Fadiga comme vous le savez a été réclamé par le grand public. On a pris le temps d'y réfléchir, de le laisser grandir. Et du fait effectivement que tout notre côté droit est décimé, ça a précipité un peu son arrivée en équipe nationale. C'est un garçon pétri de talent et nous lui souhaitons la bienvenue. Formoz Mendy c'est une convocation officielle. Il était déjà venu. C'était pour compléter notre groupe à l'époque. Je peux dire que c’est sa première sélection. C'est un garçon qui connaît l'équipe nationale. Moussa Niakhaté, lui aussi ça fait un bon bout de temps qu'on parle de lui. Le moment était venu de le faire venir. C'est un garçon qui est blessé. J'espère qu'il fera partie de ces jeunes qui vont participer à ce stage là où non. »
«Nous espérons que le cas de Saliou sera réglé dans les prochaines semaines»
«Ismail Jakobs, du fait que de l'autre côté Saliou n'a pas encore de club donc je n'ai pas pu le sélectionner. On a fait du cas par cas. Il y a des garçons qui n'ont pas de club, d'autres qui ne jouent pas dans leurs clubs. Pour moi un garçon qui n'a pas de club ne peut pas prétendre à être sélectionné. Nous espérons que le cas de Saliou sera réglé dans les prochaines semaines.
Pathé Ciss c'est un nouveau garçon aussi. On a vu les performances qu'il fait en club. Nous pensons qu'il mérite d'être dans ce groupe. Nous le suivons depuis l'année dernière. Ce début de saison le confirme avec la qualité. Nicolas Jackson lui aussi est un nouveau joueur qui joue à la Villarreal. On le connaît, il est capable de jouer excentré gauche et droite et de jouer devant aussi. Il est capable de percer, dans la situation où nous sommes je pense qu'on a besoin de ce genre de joueur.»
«Ce n'est pas parce que nous sommes dégarnis sur ce côté-là qu'il n'y a pas d’autres options»
«C'est problématique. Il y a aussi l'absence de Saliou dans la mesure où nous perdons un garçon qui est quand même champion d'Afrique tout comme Bouna qui a été assez régulier depuis qu'il est arrivé. Ne pas les avoir avec nous c'est sûr que c'est une perte. Les matchs amicaux aussi permettent de pouvoir amener d'autres joueurs et leur donner du temps de jeu. Mais ce n'est pas parce que nous sommes dégarnis sur ce côté-là qu'il n'y a pas d’autres options. On peut changer de schéma tactique. On peut jouer autrement. On peut jouer avec 3 derrière, mettre des pistons. Il y a beaucoup de possibilités en réalité sur ces 15 jours qui vont arriver. Je ne dis pas qu’on va changer de schéma tactique du fait qu’on ait perdu ces joueurs expérimentés, mais la question qu'on se posera c'est de savoir si avec ces jeunes qui viennent d'arriver on doit les jeter dans le bain rapidement. Ce qui est important c'est le groupe, cette cohésion, cette dynamique qu'on doit gérer. Ne pas faire une révolution mais surtout travailler dans l'évolution du groupe. On trouvera des solutions pour pallier leurs absences en attendant qu'ils reviennent».
«Bamba Dieng, c'est à lui de se prendre en main»
«Il y a Bamba et d'autres. Ce sont de très grands professionnels. Ils connaissaient les réalités du football de haut niveau. Ils savent que c'est difficile. Il y a des hauts et des bas. Dans les hauts, il faut garder l'humilité et dans les bas il faut se battre, travailler et mettre les ingrédients nécessaires pour pouvoir revenir à son meilleur niveau. Bamba s'il est à Marseille c'est qu'il a des qualités mais qu'il comprenne qu'on ne lui fera aucun cadeau. A un moment donné, c'est à lui de se prendre en main, d'avancer, de croire en lui et travailler. Il sait qu'il doit être performant tout le temps. Maintenant Bamba, on l'a fait venir avec nous. C'était important de lui montrer qu'on a confiance en lui mais en réalité c'est à lui de se battre pour changer la situation. Le temps passe très vite. »
«A Moustapha quoi qu'on puisse dire, je peux lui accorder cette faveur-là»
«Il m'a parlé de son désir de partir dans le championnat chypriote. Je ne peux pas empêcher un garçon d'aller dans un championnat voulu. Je connais les qualités de Moustapha. Je ne connais pas les raisons qui l'ont poussé à aller dans ce championnat-là. En tout cas, pour ce regroupement, il était important pour moi de le revoir, pouvoir discuter avec lui sur ce choix. Il n'y aura pas de passe-droit quand il faudra aller à la Coupe du monde. Ce que nous cherchons c'est d'avoir un groupe compétitif avec des joueurs qui jouent dans des championnats compétitifs. A Moustapha quoi qu'on puisse dire, je peux lui accorder cette faveur-là pas parce que c'est un champion d'Afrique mais parce qu'il a eu à beaucoup œuvrer, même s'il n'a pas beaucoup joué dans cette équipe nationale. Mon rôle c'était de le faire revenir. On fera les choix définitifs pour aller à la Coupe du monde.»
«J’ai espoir qu'avant la Coupe du monde la situation de nos joueurs dans nos clubs va se bonifier, va être meilleure»
«Manque de compétition des joueurs sénégalais. C’est la question que tout le monde se pose. Cela a suscité un débat sur la progression de nos joueurs et leur manque de temps de jeu ou de compétitivité. Et les difficultés qu’ils ont aussi de trouver et de finaliser très rapidement leur transfert. Depuis notre qualification au mois de mars à la Coupe du monde, je n’ai pas décroché. Je suis en train de le préparer. On n’est pas en panique. En ce mois de septembre, les choses sont en train de bien évoluer par rapport à ce début de mercato qui a été très compliqué ou les garçons n’avaient pas de club, ni de compétitivité, ils ne jouaient pas. Aujourd’hui, Abdou Diallo a trouvé un nouveau club, un garçon comme Gana Guèye a également un point de chute. Je ne peux citer qu’eux, mais en réalité, j’ai espoir qu'avant la Coupe du monde la situation de nos joueurs dans leurs clubs va se bonifier, va être meilleure».
«Nous allons vers deux confrontations très compliquées»
«Cette équipe bolivienne quoi qu’on puisse dire, c’est une équipe d’Amérique du Sud qui a une certaine agressivité et qui a une bonne organisation. On connaît la grinta de ces équipes d'Amérique du Sud. Je pense que ça peut coller même si deux équipes ne se ressemblent pas. Mais cela peut ressembler à la mentalité de l’Equateur. Le deuxième match c‘est Iran, il est qualifié à la Coupe du monde. Sur le côté Asie, cette équipe iranienne fait partie des meilleures. Leurs joueurs jouent en Europe. Nous allons vers deux confrontations très compliquées, difficiles et qui peuvent nous servir à mieux nous préparer. Que ça soit la Bolivie, l’Iran, c’est deux très bon matchs qui nous permettront de tourner notre effectif, de donner du temps de jeu à beaucoup de joueurs et d’avoir des réponses de la part de certains. Le plus important c’est de jouer. Il ne faut pas sous-estimer ces deux équipes. A nous de bien nous préparer et de mettre tous les ingrédients nécessaires pour bien réussir cette préparation. »
«Il y a un engouement autour de cette équipe, c’est le moment de le montrer»
«Je ne suis pas frustré. On aimait faire ce ‘’Tagato’’ devant notre public pour pouvoir jouer un match à Dakar, mais la réalité en est autre du fait que cette Coupe du monde est au mois de novembre et la Ligue Europa nous pénalise sur pas mal de choses. En plus beaucoup d’équipes ne voudraient pas venir et faire tous ces déplacements là, de l’Asie en Europe, en Afrique. C’est très compliqué. Nous nous contenterons de ce que nous avons. Il y a un engouement autour de cette équipe c’est le moment de le montrer que ce soit au Sénégal, en France ou en Autriche ou on va jouer c’est faire appel à tous les Sénégalais à être derrière cette équipe ; ce n’est pas seulement être derrière son petit écran, c’est se déplacer, se trouver les moyens pour supporter les Lions du Sénégal. Lors de la dernière Coupe du monde, on a eu cette frustration. On a joué contre la Pologne sur un stade pratiquement de 50.000 places, il y avait 30.000 Polonais et peut-être mille, deux mille Sénégalais. Je vais faire un appel pour que cette Coupe du monde qu'on mobilise tout le monde pour qu’on aille supporters les Lions du Sénégal. On en a besoin même si on ne va pas faire le ‘’Tagato’’, mais sachez qu’on vous attend, au Qatar, à Orléans et en Autriche pour une grosse mobilisation derrière les Lions».