IDRISSA SECK RAILLE MACKY SALL: «Quand il sera réveillé de sa sieste, qu’on lui annonce sa défaite…»



Après des mobilisations maousses à Touba et à Mbacké, Idrissa Seck était, hier, à Fatick, fief du président sortant. Sur place, il a longuement raillé Macky Sall. Mais avant Fatick, il avait fini de faire foule à Diourbel et décrocher un soutien de taille a Guinguinéo en la personne de la députée maire de la ville, Rokhaya Diouf. 
 
 
 
Après avoir passé deux jours à Touba et Mbacké, Idrissa Seck a débuté sa journée de campagne électorale dans la ville sainte, avec une visite du chantier de l’Université Cheikh Ahmadou Bamba de Touba. Après, le cortège a quitté Touba, direction Diourbel. En cours de route, le convoi s’est arrêté à Ndoulo. Là, le candidat a brièvement présidé un meeting, avant de poursuivre sa route. Arrivé à Diourbel, Idrissa Seck et sa caravane orange ont sillonné pendant plus d’un tour d’horloge les artères de la ville, sous escorte des militants fortement mobilisés par les responsables locaux. «Le plus important, c’est que le monde entier a pu témoigner à travers la mobilisation des populations le désir de changement que porte le peuple sénégalais. Mais, pour arriver à ce changement, il faut une préparation, mais une préparation avec calme, avec sérénité, avec tranquillité… pour que le jour j, rien ne perturbe notre belle victoire», a déclaré Idrissa Seck. Et de poursuivre pour lancer un message à l’endroit des plus jeunes. «Ce qu’il faudrait, c’est qu’on puisse se lever tôt, qu’on puisse aller voter tôt, qu’on puisse assister au dépouillement très tôt, pour qu’enfin on puisse déclarer que nous avons gagné et que le gars (Macky Sall) puisse faire ses valises et quitter notre pays dans la plus grande quiétude», a-t-il déclaré. 
 
 
«S’il (Macky Sall) tente quoi que ce soit, les conséquences qui en découleront pourront être désastreuses»
 
 
Mais déjà, Idrissa Seck avertit, une nouvelle fois, Macky Sall quant à toute tentative de toucher à la volonté des populations sénégalaises. «Qu’il n’essaye aucun subterfuge. Parce que la détermination que je vois, à travers les visages des jeunes et la volonté de changement que j’ai constatée en faisant le tour du Sénégal… s’il (Macky Sall) tente quoi que ce soit, les conséquences qui en découleront pourront être désastreuses. Au vu de cette détermination, le mieux c’est qu’il parte loin du Sénégal en toute paix. Et cela dès le premier tour», a dit Idrissa Seck, entouré, depuis le toit de sa voiture. 
 
 
 
La députée-maire de Guinguinéo Rokhaya Diouf refuse les consignes de Wade et rejoint Idrissa Seck
 
 
 
Après Diourbel, le convoi s’est dirigé vers Guinguinéo où Idrissa Seck a enregistré le ralliement de la députée maire de la localité, Rokhaya Diouf. Celle-ci explique son choix par le désir de sa base. «Nous sommes du Pds et nous le restons. Mais après qu’on a constaté que notre parti n’a pas de candidat, nous avons réuni les responsables pour apprécier la situation. Ainsi, ils se sont tous opposés à tout boycott, ne voulant pas perdre leur base électorale. Nous sommes tombés d’accord que vous (Idrissa Seck) représentez le meilleur parmi les candidats en lice et notamment les libéraux. Et sans hésiter, nous avons décidé de vous porter à la tête du Sénégal», a déclaré l’édile de la ville à l’endroit du candidat. Ce dernier assistera, par la suite, à un meeting lors duquel il a remercié les nouveaux venus de sa coalition, avant de quitter la ville. 
 
 
«Quand un président candidat croit que le jeu se limite à regrouper ses responsables dans des stades, ça devient grave»
 
 
Après Guinguinéo, le convoi s’est dirigé vers Fatick en passant par Diakhao. Devant l’insistance de ses militants, qui rappelaient que c’est lui Idrissa Seck qui est à l’origine du peu d’infrastructures sociales de base dont dispose Fatick, l’ancien Premier ministre a rigolé : «en tout cas, je constate qu’il n’y pas eu grand-chose qui s’est ajouté à ces projets. Aussi, la ville a besoin un peu plus d’éclairage», dit-il en riant.
Mais, ce qui est plus grave, estime Idrissa Seck, c’est qu’après 7 ans au pouvoir (de Macky Sall), l’indice de pauvreté de la région de Fatick continue d’être ce qu’il est. «Vraiment, ça ce n’est pas normal», s’indigne-t-il sous les cris de «na dem, na dem» de ses militants. Il reprend la parole pour le tancer encore. «Mais, écoutez-vous aussi, partout au Sénégal, on chante ‘’na dem’’, mais vous de Fatick, vous ne pouvez le faire, puisque quand on aura fini de le battre, c’est ici qu’il reviendra», cogne-t-il encore. 
«Au regard de la détermination de tous, le plus important, c’est que le 24 février, l’on puisse sortir et aller voter en toute quiétude. À 19 heures, quand il sera réveillé de sa sieste, qu’on lui annonce sa défaite, qu’il prenne ses valises et trouve quelque part où aller. Parce que quand un président candidat croit que le jeu se limite à regrouper ses responsables dans des stades, ça devient grave. Ce qu’il devait faire, c’est aller à la rencontre des populations sans escorte. Là, il saura s’il est vraiment populaire», raille-t-il encore. 
 
Sidy Djimby NDAO 
(Envoyé spécial dans la caravane)

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