Après les honneurs de la République, place à l’ovation populaire. À Dakar, la commune de la Médina a réservé un accueil incandescent à ses fils sacrés champions d’Afrique à Rabat 2026. Une marée humaine, des chants, des larmes et une ferveur populaire à la hauteur de l’exploit des Lions.
La Médina en rouge, vert et or
La Médina n’a pas dormi. Elle a vibré, chanté, klaxonné, pleuré de joie. À la tombée de la nuit, la commune mythique de Dakar s’est transformée en un vaste stade à ciel ouvert pour célébrer ses héros : Idrissa Gana Guèye, Pathé Ciss, Chérif Ndiaye et El Hadji Malick Diouf. Quatre fils du quartier, quatre Lions champions d’Afrique, revenus de Rabat auréolés de gloire. Vice-capitaine respecté, « Boy Bandit » pour les intimes, Idrissa Gana Guèye avançait sous une pluie d’ovations. À ses côtés, Pathé Ciss, le milieu bagarreur et infatigable, Chérif Ndiaye, l’attaquant prolifique au sourire discret, et El Hadji Malick Diouf, arrière gauche puissant et sûr, saluaient une foule compacte, debout sur les trottoirs, aux balcons, sur les toits.
Une parade populaire, entre klaxons et vuvuzelas
La caravane a démarré vers 18 heures sur l’avenue Blaise Diagne. Dès les premiers mètres, la fête était totale. Klaxons assourdissants, sifflets stridents, concert de vuvuzelas… le tout porté par la chanson mythique d’El Hadji Diouf, autre fils illustre de la Médina, devenue l’hymne non officiel de la soirée.
De la Médina à Fass, puis à la Gueule-Tapée, la parade a traversé les quartiers historiques de Dakar. Partout, les populations sont sorties en masse pour communier avec leurs champions. La grande rue de la Médina, noire de monde, a littéralement refusé du monde. Fumigènes allumés à outrance, la chaussée baignait dans une lumière rouge, donnant à la nuit des allures de finale éternelle.
Des héros parmi les leurs
Dans cette ferveur populaire, les Lions de la Médina ont retrouvé leurs racines. Parents, amis, voisins, compagnons d’enfance : tous étaient là pour rendre un hommage sincère à ceux qui ont porté haut les couleurs du Sénégal. Moment d’émotion intense lorsque Chérif Ndiaye aperçoit sa mère dans la foule. L’attaquant, submergé, laisse couler ses larmes. Sans dispositif de sécurité, il descend de la caravane, s’arrête, échange, enlace, pose pour des selfies interminables avec ses amis d’enfance, rue 1 de la Médina. Le champion redevient enfant du quartier, simplement.
Iliman Ndiaye célébré à Cambérène, son fief
Pendant que la Médina exultait, un autre Lion vivait sa communion populaire. Iliman Ndiaye s’est rendu à Cambérène Layène, son quartier d’origine. Après une parade dans les rues, le joueur est allé recueillir des prières auprès du Khalife général de la communauté layène, fidèle à la tradition. Très ému, son père témoigne avec fierté. « Iliman a grandi à Cambérène. Il a étudié ici. Aujourd’hui, je suis fier de mon fils qui a participé au sacre du Sénégal. »
Quand les quartiers portent la victoire
Au-delà des trophées et des médailles, ces célébrations disent une chose essentielle : la victoire appartient aussi aux quartiers. À la Médina comme à Cambérène, le sacre de Rabat 2026 est celui d’une jeunesse, d’une histoire, d’un peuple qui reconnaît les siens.
Champions d’Afrique, oui. Mais surtout, enfants du pays, portés en triomphe par leur peuple.