S’il y a des dossiers où l'État est juge et partie, on y compte le Hangar des Pèlerins. Des Sénégalais ont acheté des terrains. Avec des papiers. Tampon des Domaines, quitus, tout. Beaucoup sont de la diaspora. Ils ont mis leurs économies. Un jour, l'État décrète : suspension. Pourquoi ? Parce que le lotissement était mal fait. Parce qu'il mord sur la mer. Parce qu'il y a eu magouilles. Peut-être. Alors on crée un comité technique. On promet en Conseil des ministres qu’on régularise tout fin juin 2025. Juin arrive. Rien. Hagards, les impactés écrivent au ministre des Finances. Au Directeur des Domaines. À la Présidence. Pas de réponse. Ce 9 octobre 2026, l'ancien Directeur des Domaines passe devant la commission parlementaire. Que dit-il ? "Quand je suis arrivé en mai 2024, tout était déjà suspendu" Traduction : personne n'est responsable. Et maintenant l'État prépare des décrets d'utilité publique pour reprendre les terres et les réaménager, ou les réaffecter à d’autres. Donc, l'État vend, l'État suspend, l'État reprend. Et le citoyen paye trois fois. Il paye le terrain, il paye l'attente, il paye l'avocat pour défendre le titre que l'État lui a vendu. C’est le patrimoine bâti sur le dos des Sunugaaliens. Avant d'auditionner tout Ndakaaru sur le foncier, la commission devrait commencer par une chose simple : dire à ces familles si elles ont encore un terrain ou non.
Waa Ji