Serigne Saliou Mbacké T, alias Baye Zale, a perdu la vie, avant-hier, dans des circonstances tragiques. Agé de 21 ans, le vendeur de pièces détachées aurait tenté de forcer le barrage des gendarmes lorsqu’il a été effroyablement tué dans sa manœuvre de passer entre les mailles du dispositif des éléments de la maréchaussée.
Encore un horrible drame survenu mercredi dernier, vers 18h, à hauteur de Yarakh magasin en banlieue dakaroise, où un bus Tata de la ligne 65 desservant le tronçon routier Kounoune-Colobane, aurait été la cible d’un raid au cocktail Molotov, mardi dernier, d’un groupe de sept (7) gangsters encagoulés et non encore identifiés.
Les deux compagnons cherchent à bord de leurs motos un moteur de scooter à vendre
Ce jour-là, rapporte Abdoulaye Sow, lui et son ami surnommé Baye Zale quittent leur quartier Wakhinane Nimzatt de Guédiawaye à bord de deux motos et se lancent à la recherche d’un moteur d’engin à deux roues. Sow roule seul et suit les traces de son pote Baye Zale. Qui transporte également un autre ami pour qui les deux scootéristes recherchent un moteur en vente. Et après quelques détours dans des points de vente de l’engin en question, notamment au quartier dénommé Guy Gui, ils croisent un individu, qui les informe du débarquement de matériels mécaniques à Yarakh Magasin, et les met en rapport avec quelqu’un là-bas.
Ils tombent sur un check-point de la gendarmerie au niveau de Yarakh Magasin
Les deux scootéristes enfourchent à nouveau leurs engins respectifs et prennent aussitôt la direction du lieu de d’entreposage des matériels mécaniques. Mais, arrivés à Yarakh Magasin, ils aperçoivent un dispositif de la gendarmerie et s’immobilisent net. Ils bifurquent sur le bas-côté de la chaussée et interpellent des passants sur la présence des hommes en bleu sur l’asphalte. « Quand nous sommes arrivés sur les lieux, on a demandé si les gendarmes procédaient à un contrôle de routine suivi d’immobilisation des motos, qui ne détiennent pas de pièces administratives afférentes à la mise en circulation routière », soutient notre interlocuteur au cours d’un point de presse. Et la réponse fut cependant négative.
Baye Zale tente le forcing, reçoit un caillou et bute sur une corde dressée sur la route
Malgré tout cela, Sow décide de rebrousser chemin pour s’engouffrer dans des labyrinthes de la bourgade, avant de se frayer un point de passage, contournant du coup le check-point des pandores. Il avise auparavant son compagnon Baye Zale. Qui le rassure et lui demande de le suivre. Sow tergiverse et campe sur sa position. Baye Zale démarre en trombe et fonce dans la direction des gendarmes de faction. Son compagnon se lance et lui emboîte le pas. « Je suivais Baye Zale. Qui roulait à vive allure. Un gendarme surgit soudain au milieu de la chaussée et intime l’ordre à Baye Zale de s’arrêter. Ce dernier refuse d’obtempérer et tente de contourner le pandore. Qui lui jette avec violence un gros caillou. Qui atterrit au niveau de la bouche de Zale. Qui accuse le coup et s’emmêle les pinceaux à bord de sa moto. Deux autres gendarmes – positionnés des deux côtés opposés de la route - entrent en action et dressent brusquement une corde sur le trajet de mon compagnon. Qui se heurte à ladite corde et se projette avec violence dans le décor », témoigne Sow. Qui dément formellement la version selon laquelle son ami Baye Zale aurait mortellement cogné avec violence une murette dans sa tentative d’esquiver le gendarme de faction.
Un témoin oculaire retrace les derniers instants de vie de Baye Zale
Sow assiste à toute la scène d’horreur et hurle de stupeur. Il immobilise net son engin et accourt pour tenter de voler au secours de son pote. Qui se retrouve dans un piteux état de santé et se débat au sol dans tous les sens. « Des gendarmes m’ont interdit d’accès au lieu de la scène d’horreur. Je leur ai dit qu’il (Baye Zale) était mon ami et qu’on était ensemble. Mais, ils n’ont rien voulu entendre et m’ont sommé de débarrasser le plancher illico-presto. Sous peine de m’infliger une correction à coups de matraque. Et pendant qu’ils s’affairaient autour de Baye Zale, celui-ci continuait à se débattre au sol et se tordait de douleurs atroces. Puis saignait en abondance. Il succombera plus tard à ses blessures », notre interlocuteur dixit.
La thèse du décès consécutif au violent choc contre une murette rejetée
Le corps sans vie de Baye Zale est déposé à la morgue de l’hôpital général Idrissa Pouye ex Cto de Grand-Yoff pour les besoins de l’autopsie. Mais, Sow persiste et insiste que les conclusions du médecin-légiste ne peuvent aboutir qu’à la mort violente de son compagnon. « Je jure que Baye Zale a trouvé la mort dans ces circonstances. Je suis un témoin oculaire des faits. Et suis prêt à témoigner sur cette affaire devant n’importe qui. Un gendarme lui a balancé le caillou en pleine figure. Deux autres ont brusquement dressé une corde pour l’empêcher de passer. Et si vous parcourez bien du regard le corps sans vie de Baye Zale, vous verrez à coup sûr des traces de la corde en question au niveau du cou et de la gorge. Tout comme les blessures consécutives au jet de caillou », indique Sow.
Baye Zale inhumé aujourd’hui à Touba, des parents réclament justice
Notre interlocuteur affirme toutefois ignorer, lui et son défunt ami, qu’un bus Tata de la ligne 65 a été attaqué au cocktail Molotov au même endroit, puis littéralement incendié. Avec à la clé deux morts et cinq blessés, dont deux graves, parmi les passagers. « On réclame justice dans cette affaire. Baye Zale n’aurait jamais agi de la sorte, s’il savait vraiment qu’il allait subir un tel supplice mortel », renseigne Sow. Baye Zale sera inhumé aujourd’hui à Touba.
Vieux Père NDIAYE