L'ancien secrétaire général du ministère de la Culture et président du mouvement citoyen « Foofolal » a vivement dénoncé les incidents survenus lundi et mardi à l'Assemblée nationale, lors de la séance plénière consacrée à l'examen et au vote du projet de réforme constitutionnelle et le débat d’orientation budgétaire. Dans son compte Facebook, cet administrateur civil a regretté des comportements qu'il juge préjudiciables à l'image de l'institution parlementaire et, au-delà, à celle du Sénégal.
Selon lui, les députés tiennent leur légitimité du peuple, qui leur a confié un mandat pour agir et décider en son nom. « À vous, nous avons délégué nos voix pour agir et décider en notre nom. Dans cet esprit, nous respectons vos débats, nous vous laissons délibérer, amender et voter les lois, même si, par moments, nous pouvons avoir de sérieuses réserves quant à vos décisions. Mais nous les acceptons, car c'est le principe même de la démocratie représentative », a-t-il déclaré.
Pour le président de « Foofolal », le mandat parlementaire repose sur un contrat de confiance entre les élus et les citoyens. Ce mandat, insiste-t-il, ne saurait être interprété comme un privilège ou une autorisation de porter atteinte à la dignité de l'institution. « Ce mandat ne vous confère ni une supériorité sur le peuple, ni le droit d'abaisser la dignité de l'institution que vous servez », a-t-il souligné. Le haut fonctionnaire estime que les scènes observées dans l'hémicycle au cours des deux journées de débats ont profondément choqué une partie de l'opinion publique. Il déplore ce qu'il considère comme une lecture variable des principes selon les circonstances politiques. « Hier, comme aujourd'hui, certaines attitudes observées dans l'hémicycle choquent et heurtent la conscience nationale. Ce qui était dénoncé hier est aujourd'hui justifié ; ce qui est dénoncé aujourd'hui était, hier encore, justifié. Au fond, le jugement varie souvent selon la position que l'on occupe à un moment donné. Or, les principes républicains ne devraient pas changer au gré des alternances », a-t-il fait remarquer.
Pour cet administrateur civil, ces comportements fragilisent la crédibilité de l'Assemblée nationale, ternissent la réputation du Sénégal et risquent d'éroder la confiance des citoyens envers leurs représentants.
Il rappelle enfin que l'Assemblée nationale constitue un bien commun appartenant à tous les Sénégalais. « L'Assemblée nationale est notre patrimoine. Elle appartient au peuple sénégalais. Les députés en sont les dépositaires temporaires. Ils ont le devoir de l'honorer par leur comportement autant que par leurs votes », a-t-il conclu, appelant les parlementaires, majorité comme opposition, à faire preuve de responsabilité, de retenue et d'un sens élevé de l'État dans l'exercice de leur mission.
Fatou DIOP