Grève les 21, 22 et 23 janvier, sans observance du service minimum And Gueusseum–Satsus enclenche la jonction des luttes face au ‘’mépris de l’État’’




 
 
Grèves, marche nationale et bras de fer annoncé : la coalition syndicale de la santé refuse que le passif social soit enterré au détriment des populations et des travailleurs.
 
L’année 2026 s’ouvre sous le signe de la tension sociale dans le secteur de la santé. La coalition syndicale Jonction des luttes And Gueusseum–Satsus a officiellement lancé, ce mercredi 7 janvier, le premier jalon de son sixième plan d’actions, un calendrier de mobilisation progressive destiné à contraindre l’État à honorer ses engagements sociaux longtemps ignorés. Une lutte que les syndicalistes disent mener à contrecœur, mais rendue inévitable par le mépris persistant des autorités et l’aggravation des conditions de travail et de prise en charge des patients.
 
 
Une année qui commence par des grèves, faute de réformes
 
Face à la presse hier, les responsables syndicaux regrettent que la nouvelle année débute par des grèves plutôt que par des avancées concrètes pour les populations. Ils rappellent que l’accès financier et géographique à des infrastructures sanitaires conformes aux normes relève d’un droit constitutionnel, et non d’un privilège.
Dans un souci de respect des valeurs religieuses et culturelles, la coalition a annoncé un léger réaménagement de son calendrier. La grève de 72 heures, troisième jalon du plan d’actions, est décalée de 24 heures en raison de la célébration du solennel Appel religieux de Seydina Limamou Laye. Elle se tiendra finalement les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 janvier 2026, sans observance du service minimum, signe d’un durcissement assumé du mouvement.
Avant cela, une marche nationale est prévue le 14 janvier, deuxième jalon d’une mobilisation que les syndicats qualifient de «responsable mais déterminée».
 
 
196 heures de soins perdues, la responsabilité de l’état pointée
 
Les leaders de la Jonction And Gueusseum–Satsus estiment que le gouvernement porte l’entière responsabilité des perturbations du service public de santé. Ils rappellent que les populations ont déjà été privées de 196 heures de soins et de services, conséquence directe, selon eux, du refus de l’État de solder un passif social pourtant reconnu.
 
 
Train de vie de l’Etat et austérité pour la santé
 
L’indignation syndicale est d’autant plus vive que, parallèlement aux appels à la rigueur adressés aux travailleurs, l’État ne consent, selon eux, aucun sacrifice. La coalition fustige l’augmentation du train de vie des institutions, avec la bénédiction de l’Assemblée nationale. Cette dernière est accusée d’avoir réduit de 18% le budget du ministère de la Santé, tout en affichant ostensiblement des signes d’opulence, notamment à travers des véhicules de luxe «dernier cri». Une situation jugée indécente face à la précarité des structures sanitaires et à la démotivation croissante du personnel.
 
 
 
Désillusion après le discours présidentiel
 
La déception est également palpable vis-à-vis du discours tant attendu du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Pour la Jonction des luttes And Gueusseum–Satsus, cette allocution n’a pas répondu aux attentes placées dans l’avènement d’un système sanitaire et social plus préventif, plus résilient, plus performant et plus motivant. Au contraire, estiment-ils, elle a fini d’installer un climat de désespoir et de désillusion, tant chez les professionnels de santé que chez les populations.
Malgré les désagréments pour les usagers, la coalition syndicale dit assumer pleinement cette lutte qu’elle qualifie de combat pour la dignité, la justice sociale et le droit à la santé. Elle appelle les populations à comprendre le sens de la mobilisation et interpelle solennellement les autorités sur l’urgence d’un dialogue sincère et d’actes concrets. Faute de quoi, préviennent les syndicalistes, la jonction des luttes And Gueusseum–Satsus est résolument engagée dans un bras de fer dont l’issue dépend désormais de la volonté politique de l’État.
Baye Modou SARR
 
 
 
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