Le divorce semble désormais consommé au sein du Parti socialiste (Ps). Réunis ce mercredi 3 juin 2026 face à la presse, les initiateurs du manifeste «Dundal Ps, faire revivre le Parti socialiste», emmenés notamment par Alioune Ndoye, maire de Dakar-Plateau et figure influente du Ps, ont lancé une offensive politique sans précédent contre la secrétaire générale par intérim, Aminata Mbengue Ndiaye. Dans une déclaration, ils dénoncent une «dérive organisée» dans la gestion du parti et appellent à une profonde refondation de la formation héritée de Léopold Sédar Senghor.
Le malaise qui couvait depuis plusieurs mois au sein de la vieille maison socialiste a éclaté au grand jour. À travers une longue déclaration publique, les porteurs du manifeste « Dundal Ps » ont dressé un réquisitoire implacable contre la direction actuelle du parti, accusée d'avoir tourné le dos aux principes démocratiques qui ont longtemps fondé l'identité du Parti socialiste.
Pour Alioune Ndoye et ses compagnons, la crise que traverse aujourd'hui le Ps ne relève plus d'un simple différend interne ou d'une divergence d'approche. Elle est devenue, selon eux, une question de survie politique pour une formation qui peine à retrouver son influence sur la scène nationale depuis plusieurs années. Les initiateurs de «Dundal Ps» rappellent que leur manifeste, rendu public le 28 janvier dernier, se voulait avant tout un appel à la renaissance du parti. Ils affirment avoir reçu un soutien massif des militants à travers le Sénégal et au sein de la diaspora, preuve selon eux que la base socialiste réclame un changement profond des méthodes de fonctionnement et du projet politique du parti.
Mais au lieu d'entendre ce message, la direction aurait choisi, selon eux, la voie du verrouillage.
Une accusation de gestion «fractionniste»
Au-delà des questions procédurales, les auteurs de «Dundal Ps» s'en prennent directement à Aminata Mbengue Ndiaye. Ils l'accusent d'avoir abandonné son rôle de rassembleuse pour devenir la cheffe d'une faction cherchant à contrôler seule les leviers du parti. Dans leur déclaration, ils dénoncent l'organisation de réunions restreintes, tenues d'abord au domicile de la secrétaire générale par intérim puis au siège national du parti, sans la participation de certains responsables régulièrement désignés dans les instances.
Pour les frondeurs, ces rencontres ne reposent sur aucune base statutaire et traduisent une volonté d'écarter les voix discordantes. «Une faction entend ainsi s'arroger seule la direction effective du parti», affirment-ils, estimant que cette démarche menace directement l'unité et la cohésion du Ps. Les initiateurs du manifeste vont plus loin en parlant de «pratiques discriminantes» et de «dérive organisée», des termes particulièrement lourds dans l'histoire d'un parti qui a longtemps revendiqué une culture du débat interne.
Une bataille pour le contrôle du parti
L'un des points les plus sensibles soulevés lors de cette conférence de presse concerne la tenue prochaine d'une assemblée générale dont les modalités d'organisation sont contestées. Les initiateurs du manifeste accusent la direction de vouloir sélectionner les participants et de contrôler le processus afin de légitimer des décisions déjà arrêtées.
Ils ont ainsi appelé l'ensemble des militants socialistes à participer massivement à cette rencontre afin d'empêcher toute confiscation du débat.
Fatou DIOP