Le Pm a commencé son propos sur le conflit au moyen-orient. Dans un passage particulièrement ferme, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il considère comme une remise en cause du droit international. Il a fustigé «la liquidation du droit international» et le fait qu’un pays puisse, «sans résolution ni mandat des Nations-Unies», décider de frapper un autre État et d’«assassiner ses dirigeants».
Au-delà de la dimension politique et militaire, le Premier ministre a insisté sur les conséquences économiques potentielles du conflit. Il a évoqué la situation du détroit d’Ormuz, par lequel transiterait, selon lui, «30 à 40% du pétrole mondial». Si le trafic venait à être durablement perturbé, les effets seraient immédiats : hausse des prix des hydrocarbures, renchérissement des coûts de transport, impact sur les industries et, in fine, sur les produits de consommation courante. «Pratiquement tout tourne à partir de ces produits d’hydrocarbures», a-t-il souligné.
Pour le Sénégal, fortement dépendant des importations de produits pétroliers, les répercussions pourraient être significatives, tant sur le budget de l’État que sur le pouvoir d’achat des ménages. Mobilité des capitaux, investissements, prix alimentaires : l’onde de choc, selon lui, dépasserait largement la seule sphère énergétique.
« Quid de l’Afrique ? »
Pour lui, l’Afrique n’est jamais véritablement sortie de la colonisation. Celle-ci ne serait plus seulement physique, mais aussi économique et financière : monnaies dites coloniales, pillage des ressources naturelles, dette jugée injuste, conditions d’accès au crédit qualifiées d’« extrêmement délicates». Cette dénonciation d’une «néo-colonisation» s’inscrit dans la ligne souverainiste défendue de longue date par le leader de Pastef. Enfin, Ousmane Sonko a adressé un message à ses militants, estimant que le combat politique dépasse «les débats futiles et inutiles» et les «manipulations politiciennes». Il a confié se sentir parfois «assez isolé» dans ce combat, «y compris ici dans notre pays au Sénégal et maintenant qu’on est au pouvoir».
Sidy Djimby NDAO