GAZ, PHOSPHATES, SOUVERAINETÉ... : Ousmane Sonko promet la rupture et met en garde les “politiciens véreux”




 
 
 
À Guinguinéo, dernière étape de sa tournée départementale, le président du Pastef a livré un discours offensif, mêlant souveraineté économique, discipline politique et fermeté sécuritaire. Face aux militants et sympathisants, Ousmane Sonko a réaffirmé sa volonté de reprendre le contrôle total des ressources naturelles du Sénégal, tout en avertissant ceux qu’il accuse de vouloir déstabiliser l’État.
 
 
La commune de Guinguinéo a servi de point d’orgue à la tournée politique du président de Pastef Ousmane Sonko dans le département éponyme. Devant une foule de militants et de sympathisants, le chef de file des patriotes a dressé un large panorama des priorités de son action politique, tout en justifiant les choix difficiles opérés depuis leur accession au pouvoir.
Dans son message, le président de Pastef et non moins Premier ministre a confié «avoir prié le bon Dieu pour laisser une empreinte durable dans l’histoire du Sénégal». Selon lui, «le Sénégal doit sortir d’un discours illusoire sur une richesse qui, en réalité, n’existe pas encore pour la majorité de la population». Il a ainsi appelé les Sénégalais à «redescendre sur terre et à engager une lutte collective pour créer cette richesse, en s’appuyant notamment sur les ressources naturelles et minières du pays».
 
 
 
Renégocier les contrats du gaz et des phosphates…
 
Au cœur de son discours, la question de la souveraineté économique a occupé une place centrale. Ousmane Sonko a accusé les régimes précédents «d’avoir signé de mauvais contrats au détriment des intérêts du peuple sénégalais». Il a affirmé «travailler sans relâche à leur renégociation, quitte à affronter de fortes résistances». À Guinguinéo, il a fait une révélation : «le champ gazier Yaakaar-Teranga devrait prochainement revenir entièrement sous le contrôle de l’État sénégalais. Les discussions sont à un stade très avancé. Il y a aussi des négociations qui sont en cours pour récupérer à 100% la gestion des phosphates». Il a dénoncé dans la foulée «une expropriation historique suivie d’une dépendance chronique à l’aide internationale», s’est-il désolé.
 
 
 
Un souverainisme assumé face aux pressions extérieures
 
Ousmane Sonko n’a pas éludé les tensions avec certains partenaires internationaux. Il a affirmé que «la ligne souverainiste défendue ne plaît pas aux puissances occidentales. C’est ce qui explique le refus du Fonds monétaire international de financer le Sénégal». Pour lui, «cette situation exige un soutien populaire massif. J’appelle les Sénégalais à rester mobilisés afin de montrer au monde que le pays est déterminé à exercer pleinement sa souveraineté». Selon lui, «seule une création endogène de richesses permettra au Sénégal de sortir durablement de la pauvreté, à l’image des trajectoires empruntées par les pays occidentaux, asiatiques et américains», peste-t-il.
 
 
 
Réorienter les priorités du développement
 
Dans un ton critique, Ousmane Sonko a remis en question certaines orientations du passé, notamment les investissements massifs réalisés à Diamniadio. Sans nier leur importance, il a estimé qu’«une partie de ces ressources aurait dû être consacrée à l’agriculture et à la relance du chemin de fer Dakar–Tambacounda, que je considère comme un levier majeur de dynamisation économique des régions de l’intérieur», souligne-t-il.
 
Tolérance zéro face à l’insécurité et aux manipulations politiques
 
Sur le plan sécuritaire, Ousmane Sonko a reconnu un problème de discipline dans la société sénégalaise, particulièrement visible sur les réseaux sociaux. Il a néanmoins assuré que les agressions et actes de violence seront bientôt relégués au passé. Ainsi, il dit : «j’ai instruit le ministre de l’Intérieur de protéger les citoyens honnêtes et d’appliquer une politique de tolérance zéro». Aussi, Ousmane Sonko s’est adressé aux politiciens qu’il accuse «de financer des troubles, notamment dans les universités». Il les a prévenus qu’ils sont désormais sous surveillance et qu’ils répondront de leurs actes devant la justice.
Évoquant des tentatives de défiance lors de ses déplacements, il a rejeté toute responsabilité dans les rapports incriminant certains leaders locaux, affirmant que ces documents résultent de leur propre gouvernance passée.
 
 
 
 
Baye Modou SARR
 
 
 
LES ECHOS

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