Il y a forfait et forfaiture. Le 18 janvier à Rabat, les Lions quittent la pelouse 15 minutes. Ils reviennent et gagnent 1-0. La Caf les déclare d'abord vainqueurs, puis, deux mois plus tard, perdants 3-0 sur tapis vert. Ce jeudi 8 octobre, à Lausanne, le TAS va dire si on a le droit de transformer une victoire acquise sur le terrain en défaite dans un bureau. Et pendant ce temps, à Ndakaaru, c'est exactement ce qui se passe en politique. Le 23 janvier 2022, les Sunugaaliens ont élu des maires. Ils ont gagné leur mairie sur le terrain. Depuis, on leur explique par décret que leur vote de renouvellement est reporté. Que leur mairie est en forfait. On leur demande de faire une croix sur 2026, de se préparer pour 2027, puis, qui sait, peut-être 2028. Le TAS doit trancher une question simple : est-ce qu'on punit un mouvement d'humeur de 15 minutes par la perte d'un titre continental gagné sur le terrain ? La réponse devrait être non. Le droit sportif déteste les titres donnés dans les bureaux. Aujourd’hui à Lausanne, si on accepte qu'un titre se gagne au TAS et pas sur la pelouse, comment refuser que des mairies se gardent hors délais par décret et pas par les urnes ? Le football et la politique ont la même maladie : la peur du terrain. Vivement que le sifflet final soit le même partout.
Waa Ji