La situation actuelle des projets Agropoles du Sénégal est alarmante pour ne pas dire préoccupante. A la dyarchie de la fonction, vient s’ajouter les atermoiements du ministre de tutelle, le Dr Serigne Guèye Diop. Ce qui a fini de placer l’ensemble du personnel dans un malaise profond. Une dyarchie résultant du fait que le Coordonnateur légalement reconnu exerce ses fonctions en cohabitant avec Mme Aïssatou Diallo, Coordonnateur du Programme national de développement des agropoles du Sénégal (Pndas) qui, en vertu de sa nomination par décret, s’est taillé le rôle de relais des Agropoles auprès des structures nationales, alors qu’elle n’est pas reconnue par les bailleurs.
C’est une situation inédite que vivent les Projets agropoles du Sénégal, marquée par une crise institutionnelle liée à la dyarchie dans la fonction de coordonnateur national. Et tout semble avoir commencé depuis que l’ex-coordonnateur, El Hadji Djily Mbaye Lô, a été relevé en 2024 de ses fonctions de Coordonnateur national de la Cellule d’exécution des projets (Cep) des agropoles et remplacé par Mme Aïssatou Diallo, sur proposition du Ministre de tutelle, Dr Serigne Guèye Diop, sur la base d’un décret présidentiel la nommant Coordonnateur du Programme national de développement des agropoles du Sénégal (Pndas). Faut-il rappeler que ce décret a été pris en référence à un autre décret signé par l’ancien ministre en charge de l’Industrie, M. Moustapha Diop, sur la base de motivations littéralement vicieuses et contraires à l’intérêt des agropoles.
Cependant, les partenaires techniques et financiers (Ptf) des agropoles, en l’occurrence la Banque africaine de développement (Bad) et la Banque islamique de développement (Bid), n’ont jamais reconnu le Pndas. Pourquoi et pour quels motifs ? Dans les milieux informés, on laisse entendre que le décret de création, en son article 9 notamment, est en contradiction avec les accords de financement signés entre le gouvernement du Sénégal et lesdits partenaires, relativement aux Projets des agropoles Sud, Centre et Nord.
Procédure d’appel à candidatures pour les recrutements
En effet, il a été indiqué dans lesdits accords de financement que le Coordonnateur national de la Cep des agropoles, comme du reste l’ensemble du personnel, doit être recruté par une procédure d’appel à candidatures. Dans cette dynamique, les partenaires techniques et financiers et le ministre de l’Industrie et du Commerce, se sont accordés, pour désigner dans l’équipe du Projet, un expert répondant au profil, pour assurer de façon intérimaire, les fonctions de Coordonnateur national de la Cep, en attendant le recrutement par appel à concurrence du titulaire du poste.
Ainsi, depuis, plusieurs intérims se sont succédé en attendant de pourvoir le poste par appel à candidatures comme le stipule la convention qui lie l’Etat du Sénégal avec les banques multilatérales.
Le processus de recrutement, ayant abouti, s’est soldé par le recrutement du sieur Dramé, ingénieur agronome justifiant d’une solide expérience de 25 ans, comme Coordonnateur de la Cep des agropoles. Ce dernier ayant pris fonction depuis le 2 janvier 2026.
Seulement, voilà. Aujourd’hui, la Cep des agropoles se retrouve avec deux (02) coordonnateurs : l’un recruté par appel à candidatures et l’autre ; une dame supposée protégée par Serigne Guèye Diop qui la maintient au poste avec tous les avantages qui doivent revenir au vrai coordonnateur désigné après un appel à candidatures très transparent et ouvert.
En effet, du fait de cette situation, l’Etat est obligé de supporter les rémunérations de deux personnes pour une même fonction, ce qui est en contradiction avec le principe du «Jub, Jubal, Jubanti».
Quoi qu’il en soit, la résolution de cette crise institutionnelle est donc un impératif. Le malaise y est profond.
Fatou DIOP
Une nouvelle passe d’armes a opposé, ce week-end sur X, le Directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodiang, et le journaliste Madiambal Diagne. Au cœur du clash : une publication du patron du groupe Avenir Communication évoquant une supposée démission du Premier ministre Ousmane Sonko. Une séquence qui remet en lumière les profondes fractures politiques et médiatiques autour du régime actuel.
La tension entre le pouvoir issu du Pastef et une partie de la presse sénégalaise continue de se jouer à ciel ouvert sur les réseaux sociaux. Dernier épisode en date : le violent échange intervenu entre Waly Diouf Bodiang et Madiambal Diagne, deux figures désormais installées dans des camps radicalement opposés du débat public sénégalais.
Tout est parti d’une publication du journaliste et chroniqueur Madiambal Diagne, actuellement installé en France, évoquant une prétendue démission du Premier ministre Ousmane Sonko suite à l’arrestation «pour homosexualité» de Ndiaga Seck, proche du Premier ministre. «Ousmane Sonko décide de démissionner de son poste de Pm. Il vient d'en informer ses proches. Il crie à un complot organisé par le PR Diomaye Faye avec l'arrestation de Ndiaga Seck. Sonko se sentirait-il menacé par l'enquête ? Assurément, il y a du très lourd dans cette affaire !», a tweeté Madiambal Diagne. Et d’enchaîner : « l'enquête a remonté des messages échangés entre Sonko et Ndiaga Seck depuis 2002. Ousmane Sonko estime que les messages ont été truqués. Allez savoir comment ?»
Une information qui a rapidement suscité de vives réactions dans les sphères proches du chef de Pastef, où plusieurs responsables et militants du parti ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une nouvelle tentative de désinformation visant le chef du gouvernement.
En réplique, Waly Diouf Bodiang s’est livré à une attaque frontale contre le patron du groupe Avenir Communication. «Madiambal, mythomane émérite, a encore inventé une histoire comme il est seul à en avoir le secret. Le fugitif a une inspiration diabolique pour répandre des balivernes. Il ferait un excellent scénariste pour films fantastiques», a-t-il lancé dans une publication largement relayée sur X.
Une sortie particulièrement virulente qui a immédiatement provoqué la réaction du journaliste. Depuis la France, Madiambal Diagne a publié une capture du message de Waly Diouf Bodiang, accompagnée d’une réponse brève mais énigmatique : «vous ne perdez rien pour attendre cher Waly.»
Sidy Djimby NDAO