FRAPPE CONTRE LE CŒUR DU DISPOSITIF MILITAIRE MALIEN : Des attaques coordonnées entre le Gsim et les indépendantistes touaregs du Fla… le ministre de la Défense tué




 
 
 
Au Mali, des attaques coordonnées entre les djihadistes du Gsim et les indépendantistes touaregs du Fla ont visé samedi plusieurs positions stratégiques, jusque dans les environs de Bamako. Plusieurs villes maliennes, dont Bamako et Kati, où résident les généraux au pouvoir, ont été touchées. Si dans la soirée de samedi, la situation était sous contrôle des forces gouvernementales et de leur allié russe dans la capitale, les combats ont repris hier dimanche alors que les rebelles touaregs annoncent un accord avec les Russes pour leur retrait de Kidal. La mort annoncée du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, marque un tournant majeur.
 
 
 
Le Mali a été secoué, samedi 25 avril, par une série d’attaques djihadistes coordonnées d’une ampleur rare, visant plusieurs positions militaires et sécuritaires à travers le pays. Selon des informations concordantes de l’Agence France-Presse (Afp), Rfi, Reuters, ainsi que de médias maliens comme Maliweb et L’Essor, les assauts ont été menés quasi simultanément dans différentes zones, dont Bamako et ses environs, mais aussi dans le centre et le nord du territoire.
Des détonations et de violents échanges de tirs ont été signalés dans plusieurs localités, notamment à Kati, principal camp militaire du pays situé à une quinzaine de kilomètres de la capitale. Des témoins cités par l’Afp évoquent des scènes de confusion et de panique, tandis que des colonnes de fumée étaient visibles dans certaines zones ciblées. Les forces armées maliennes ont rapidement été déployées, appuyées par des moyens lourds, pour contenir les assaillants.
Les attaques ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim), affilié à Al-Qaïda, qui affirme avoir ciblé des sites stratégiques, notamment des bases militaires et des résidences de hauts responsables sécuritaires. Ces revendications ont été relayées par Rfi et reprises par Reuters, qui souligne le niveau de coordination inédit de l’opération, menée sur plusieurs fronts en un laps de temps très réduit.
L’un des développements les plus marquants concerne le sort du ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara. Selon Rfi, citée par Reuters, il aurait été tué lors de l’attaque contre sa résidence à Kati. Cette information, qui n’a pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle claire de la part des autorités maliennes au moment d’écrire ces lignes, circule néanmoins avec insistance dans les milieux sécuritaires et diplomatiques. Si elle venait à être confirmée, elle constituerait un coup extrêmement dur pour l’appareil militaire malien et pour la junte au pouvoir, tant le général Camara est considéré comme une figure centrale du dispositif sécuritaire.
Selon Le Figaro, qui cite des sources sécuritaires régionales, ces attaques traduisent une montée en puissance des groupes djihadistes, désormais capables de frapper simultanément des cibles éloignées les unes des autres, y compris à proximité immédiate de la capitale. Cette capacité d’action remet en question les progrès revendiqués ces derniers mois par les autorités maliennes dans la lutte contre les groupes armés.
Des médias maliens font état de combats intenses dans certaines zones touchées, notamment dans le centre du pays, où les forces armées tentent de reprendre le contrôle de positions attaquées. Le bilan officiel reste pour l’heure imprécis, mais plusieurs sources évoquent des pertes humaines importantes, aussi bien du côté des forces de défense que des assaillants.
Pour des observateurs cités par Reuters et Rfi, cette offensive marque un tournant stratégique. Elle démontre non seulement la résilience des groupes affiliés à Al-Qaïda, mais aussi leur capacité à s’adapter et à mener des opérations complexes malgré la pression militaire. Elle intervient dans un contexte marqué par le retrait des forces internationales et la recomposition du dispositif sécuritaire du Mali, désormais largement assumé par les autorités nationales.
Les rebelles touaregs ont déclaré, dimanche 26 avril, avoir conclu un « accord » permettant aux soldats russes de l’Africa Corps de se retirer de la ville-clé de Kidal, dans le nord du Mali, qu’ils disent « désormais » contrôler « totalement ».
Les combats ont repris dimanche matin dans cette ville entre les indépendantistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (Fla), appuyés par les djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (Gsim), affiliés à Al-Qaida, contre l’armée malienne soutenue par des mercenaires russes. « Un accord a été conclu pour permettre à l’armée et à ses alliés d’Africa Corps de quitter le Camp 2, où ils étaient retranchés depuis samedi », a déclaré à l’Afp un responsable des rebelles touaregs.
 
 
 
 
 
Sidy Djimby NDAO
 
 
 
LES ECHOS

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