FORUM DES SAVOIRS SUR LES PRODUITS LOCAUX : Prix, accessibilité, compétitivité, ces freins au consommer local




 
 
 
 
Le panel sur « Produits locaux au Sénégal : Quels leviers pour transformer durablement les systèmes alimentaires ? » a été une occasion d’identifier les freins à la consommation des produits locaux et des produits agroécologiques. Les consommateurs et autres acteurs du système alimentaire ont aussi proposé des leviers d’action pour transformer durablement les systèmes alimentaires dans les territoires. 
 
 
 
 
 
Dans le cadre des Journées de l'Agroécologie initiées par la Dynamique pour une Transition Agroécologique (DyTaes), le second jour a été consacré au Forum des savoirs avec différents panels au menu. Parmi lesquels, Produits locaux au Sénégal : Quels leviers pour transformer durablement les systèmes alimentaires ? Une occasion pour le point focal de l'Ong Heinrich Böll Stiftung, Sokhna Bousso Seck Fall, de revenir sur une étude de Dr Abdourahmane Diop qui montre comment notre système alimentaire est marqué par les produits importés au détriment des produits locaux. Et, ce penchant pour les produits importés dans nos habitudes alimentaires s’explique, entre autres, selon l’étude, par l’accessibilité, la compétitivité et la régularité des produits sur le marché. Tout le contraire des produits locaux qui sont peu structurés, peu accessibles avec des prix plus élevés et souvent difficiles de préparation. Mame Samba Mbow, Coordonnateur de l’Ong Ndem, a pour sa part précisé que le Sénégal n’a pas réussi à asseoir une politique qui accompagne les cultivateurs faisant état d’un déficit d’accompagnement de l’Etat en termes de subventions aux agriculteurs à l’image des États-Unis. Ce qui lui fait dire que l’agriculture n’intéresse plus les jeunes. Pire, il est d’avis que les autorités n’ont plus le contrôle sur les produits que nous consommons. Il en veut pour preuve une liste de 11 produits chimique utilisés au lendemain de la seconde guerre mondiale interdits en Europe et qui sont toujours utilisés dans notre pays sans aucun contrôle de la Douane et sans respect de la posologie par les utilisateurs. Tout ce qui les intéresse, se désole de constater cet acteur de l’Agroécologie,  c’est la croissance rapide des plantes et la multiplication des récoltes sur la saison. « Ce qu’on mange détermine notre souveraineté. On ne peut pas confier nos ventres à l’étranger », fait remarquer Julie Cissé, activiste des droits fonciers des femmes agricultrices, persuadée que la communication doit accompagner le consommer local. Pour sa part, Anta Seck de Ipar appelle à déconstruire les clichés relatifs à la qualité du riz de la vallée et de l’oignon local. En effet, elle révèle que cette période est révolue et ces spéculations sont de meilleures qualités. Elle appelle ainsi à réconcilier les ménages à la production locale. Le député Ibrahima Mbodj appelle à changer les habitudes de consommation à travers une prise de conscience collective. « Est-ce qu’on doit consommer pour le goût ou pour le bien-être ? », s’interroge le parlementaire, promoteur pour la circonstance, du consommer local. Face à cette situation, Khady Ndoye, chargée de programme Accès durable à une alimentation saine et nutritive à l'Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et les développements, Cicodev-Afrique, estime qu’il faut changer les habitudes alimentaires chez les enfants à travers les cantines scolaires. Pour autant, elle est d’avis que les consommateurs guidés par le fibre patriotique, veulent consommer les produits locaux et les produits agroécologiques, mais butent sur le prix qui est souvent cher. Mme Ndoye annonce que des mesures incitatives par rapport aux subventions sur l’engrais organiques et autres formes de subventions attendues de l’Etat pour que les prix, dit-elle, soient plus accessibles pour le consommateur final.
 
M. CISS
 
 
LES ECHOS

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