FORUM DE DAKAR 2026 : Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani plaide pour une réponse globale face à l’instabilité africaine




 
 
 
Dans un contexte continental marqué par la multiplication des crises sécuritaires et des fragilités institutionnelles, le président de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a livré un plaidoyer ferme en faveur d’un changement de paradigme. Intervenant à l’ouverture de la 10e édition du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique, ce lundi 20 avril 2026 à Diamniadio, le chef de l’État mauritanien a insisté sur l’impérieuse nécessité de dépasser les réponses strictement militaires pour faire face à l’instabilité persistante sur le continent.
 
« Une réponse exclusivement sécuritaire ne saurait suffire. C’est pourquoi une approche plus globale s’impose ». Une déclaration qui résonne comme un écho aux préoccupations partagées par plusieurs dirigeants africains présents à ce rendez-vous stratégique, dont Bassirou Diomaye Faye, hôte du Forum, et Julius Maada Bio, également président en exercice de la Cedeao.
 
 
 
Sortir du tout-sécuritaire
 
Pour Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, les réponses militaires, bien que nécessaires, ne constituent qu’une partie de la solution. L’expérience récente du continent, marquée par la persistance de foyers d’insécurité malgré les opérations armées, démontre selon lui les limites d’une approche centrée exclusivement sur la force. Le Président mauritanien appelle ainsi à une vision plus large, intégrant des dimensions politiques, économiques et sociales. Car, insiste-t-il, l’instabilité trouve souvent ses racines dans des facteurs structurels : déficits de gouvernance, inégalités sociales, tensions identitaires ou encore fragilités institutionnelles.
 
 
 
La gouvernance au cœur des solutions
 
Au cœur de cette approche globale, la question de la gouvernance occupe une place centrale. Le chef de l’État mauritanien a plaidé pour une amélioration significative des pratiques politiques et institutionnelles à travers le continent. Il a notamment insisté sur la nécessité d’apaiser les climats politiques souvent marqués par des tensions, en privilégiant le dialogue et la recherche du consensus. « Il est essentiel de renforcer l’État de droit et de consolider des systèmes démocratiques capables de garantir une alternance pacifique », a-t-il souligné. Une position qui traduit une conviction, la stabilité durable ne peut exister sans institutions solides, crédibles et inclusives. Pour Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, la légitimité politique et la confiance des citoyens constituent des remparts essentiels contre les dérives violentes et les crises prolongées.
 
 
Réduire les inégalités pour prévenir les crises
 
Le président mauritanien a également mis l’accent sur les conditions de vie des populations. Il a appelé à garantir un accès équitable aux ressources et aux opportunités, condition indispensable pour réduire les fractures sociales. Selon lui, les inégalités économiques et les marginalisations territoriales alimentent les frustrations, créant un terreau propice à l’instabilité et à l’extrémisme. Investir dans le développement humain devient ainsi un levier stratégique de prévention des conflits. Cette approche rejoint une vision de la sécurité élargie, où la satisfaction des besoins fondamentaux éducation, santé, emploi, est considérée comme un pilier de la paix durable.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Fatou DIOP
 
 
 
 
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