FOOTBALL LOCAL L'Ufoa : A ressuscite la Coupe Amilcar Cabral pour contrer l’incertitude du Chan




 
 
 Face aux rumeurs de suppression du Championnat d’Afrique des nations (Chan) par la Caf, l’Union des Fédérations ouest-africaines de football (Ufoa A) prépare sa riposte. Mapathé Gaye, Directeur exécutif de la zone, a annoncé la relance imminente de la Coupe Amilcar Cabral comme rempart pour la promotion des joueurs locaux.
 
Réunis lors du 8e congrès de l’Aips Afrique à Banjul, les acteurs du football africain n'ont pas caché leurs inquiétudes quant à l'avenir des compétitions dédiées aux joueurs évoluant sur le continent. Pour l’Ufoa A, la réponse est déjà prête : l'anticipation. Abandonné depuis 2007, le tournoi Amilcar Cabral — du nom de l’icône de l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert — s'apprête à renaître de ses cendres. « Nous avons anticipé en commençant à réfléchir sur la relance de la Coupe Amilcar Cabral. Elle sera exclusivement dédiée aux joueurs locaux », a déclaré Mapathé Gaye.
Cette décision se veut une réponse directe à une possible « élimination » du Chan par la Confédération africaine de football (Caf). En ressuscitant ce tournoi historique, l'Ufoa A souhaite garantir un temps de jeu international et une visibilité aux talents de la sous-région, indépendamment des décisions de l'instance faîtière continentale.
 
Sécuriser les fonds : vers une autonomie de gestion
 
Le défi de cette relance ne repose pas seulement sur le calendrier, mais sur la solidité financière. Ancien responsable du suivi des fonds Fifa Forward à la Fédération Sénégalaise de Football (Fsf), Mapathé Gaye mise sur la rigueur pour pérenniser ces projets. Il a notamment souligné l’opportunité du programme Caf Impact, dont les fonds de fonctionnement devraient bondir de 400.000 à 1.000.000 de dollars d’ici 2027. Pour l'Ufoa A, l'enjeu est clair : utiliser ces ressources, soumises à des audits annuels stricts de la Fifa, pour financer le football local de manière pérenne et transparente.
 
Sortir de la dépendance institutionnelle
 
Si les cinq compétitions annuelles de la zone sont actuellement financées à 100% par la Caf et la Fifa, l'Ufoa A cherche à briser ce plafond de verre. La relance de la Coupe Amilcar Cabral doit servir de vitrine pour attirer des partenaires privés, un segment encore trop timide selon le Directeur exécutif.
En renforçant la formation des journalistes via un partenariat avec l'Aips Afrique, l'organisation espère transformer cette compétition locale en un produit médiatique capable de générer ses propres revenus, assurant ainsi la survie du football de proximité face aux turbulences du calendrier international.
 
 
 Entre expertise locale triomphante et défis de souveraineté financière
 
 
Longtemps restée dans l’ombre des techniciens étrangers, l’expertise africaine a définitivement pris le pouvoir. Le constat d’Ibou Faye, 2e vice-président de la Fédération gambienne, est sans appel : les quatre dernières Coupes d’Afrique des nations (Can) ont été remportées par des entraîneurs locaux. La Can 2025 a parachevé cette transition avec un carré d'as en demi-finales 100% dirigé par des techniciens du continent. Pour Matar Mbodj, fort de ses succès avec les jeunes Scorpions de la Gambie, ce nivellement par le haut témoigne d'une maturité tactique enfin reconnue.
 
Une industrie portée par la jeunesse
 
Le football n’est plus un simple jeu, c’est une industrie lourde. Selon Mapathé Gaye, directeur exécutif de l’Ufoa A, l’Afrique possède un avantage comparatif unique : sa démographie. Cette jeunesse, qui alimente les plus grands clubs européens, se reflète désormais dans le niveau de jeu spectaculaire des dernières Can. Cette attractivité se traduit en chiffres : plus de 20 sponsors majeurs ont accompagné la dernière édition au Maroc, signe que les investisseurs ne s'y trompent plus.
 
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