Le rappeur Mor Talla Guèye, plus connu sous son nom de scène « Nit Doff », a annoncé, mardi, sa démission de la présidence du Conseil d’administration (Pca) du Fonds de développement des cultures urbaines et des industries créatives (Fdcuic). Cette décision, rendue publique à travers une publication sur sa page Facebook, intervient dans un contexte de profond désaccord avec l’évolution du projet politique porté par le parti Pastef, dont il est un militant de longue date.
Dans son message, l’artiste revient sur les motivations qui avaient guidé son engagement politique aux côtés de Pastef. Il rappelle avoir adhéré à un projet fondé sur des valeurs de souveraineté, de rupture avec les pratiques du système politique traditionnel et de transformation profonde de la gouvernance du pays. C’est dans cet esprit, explique-t-il, qu’il avait accepté d’occuper la présidence du Conseil d’administration du Fdcuic, une structure chargée d’accompagner le développement des cultures urbaines et des industries créatives.
Cependant, Mor Talla Guèye estime que la dynamique ayant porté ce projet connaît aujourd’hui une inflexion préoccupante. Selon lui, le départ d’Ousmane Sonko de l’exécutif constitue un tournant majeur qui remet en question les fondements mêmes de l’engagement initial. « Aujourd’hui, Ousmane Sonko, qui incarne ce projet, ne fait plus partie de l’exécutif. Dans le même temps, les reniements se multiplient et le système que nous avons toujours combattu reprend progressivement sa place », écrit-il. Pour le rappeur, cette évolution est incompatible avec les principes qu’il dit avoir toujours défendus. Refusant d’être associé à ce qu’il considère comme une dérive, il affirme avoir choisi de quitter ses fonctions administratives tout en maintenant son engagement politique. « Je quitte ainsi mes fonctions avec la conviction que l’engagement ne se limite pas à un poste, mais qu’il réside avant tout dans la fidélité à ses principes », souligne-t-il.
Figure connue du mouvement de soutien à Ousmane Sonko, Nit Doff s’est illustré ces dernières années par des prises de position publiques en faveur du projet politique du parti. Malgré son départ du Fdcuic, Mor Talla Guèye assure qu’il ne renonce pas à son combat. Il réaffirme sa volonté de poursuivre son engagement en faveur d’« un Sénégal juste, souverain et fidèle aux idéaux qui ont suscité l’espoir de tout un peuple », estimant que la défense de ces convictions dépasse l’exercice d’une fonction institutionnelle.
Fatou DIOP