FATOUMATA NIANG RECADRE ALIOUNE IBNOU ABITALIB SOW : L'Udes/R dénonce une démission mise en scène




 
 
 
La démission d'Alioune Ibnou Abitalib Sow de ses fonctions de conseiller spécial du président de la République continue de susciter des réactions au sein de la majorité présidentielle. Cette fois, c'est Fatoumata Niang, présidente de l'Union pour le développement économique et social/Renouveau (Udes/R), qui est montée au créneau dans une déclaration particulièrement ferme. Sans détour, elle reproche à l'ancien collaborateur de Bassirou Diomaye Faye d'avoir transformé son départ en une offensive politique contre les institutions et contre le chef de l'État.
 
Dans une publication largement relayée sur les réseaux sociaux, la responsable politique affirme respecter le droit de tout serviteur de l'État à quitter ses fonctions lorsque sa conscience le lui dicte. Mais elle estime que la manière choisie par Alioune Ibnou Abitalib Sow pour annoncer sa démission est incompatible avec les exigences attachées à une fonction aussi sensible que celle de conseiller spécial du Président.
Pour Fatoumata Niang, l'ancien conseiller n'a pas simplement quitté ses fonctions. Il aurait cherché, selon elle, à donner une portée politique à son départ en contestant publiquement une décision relevant exclusivement des prérogatives présidentielles. La présidente de l'Udes/R rappelle qu'un collaborateur de la Présidence est tenu à une obligation de réserve et qu'il doit préserver, même après son départ, la dignité de l'institution qu'il a servie. Selon elle, faire de sa démission une tribune publique pour critiquer le chef de l'État ou remettre en cause ses choix ne correspond ni à l'esprit républicain ni aux usages de la haute administration.
Fatoumata Niang rappelle que la Constitution confère exclusivement au président de la République le pouvoir de déterminer les personnes qu'il reçoit dans le cadre de l'exercice de ses fonctions. Elle estime qu'aucun conseiller, quelle que soit sa proximité avec le chef de l'État, ne peut prétendre disposer d'un droit de regard ou de veto sur une telle décision. « Un conseiller conseille ; il ne décide pas à la place du Président », martèle-t-elle, faisant de cette formule l'un des axes majeurs de sa réponse.
L'autre point central de son argumentaire concerne la rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et l'ancien président Macky Sall. La présidente de l'Udes/R refuse d'assimiler une audience accordée à un ancien chef de l'État à une quelconque réhabilitation politique ou judiciaire.
Fatoumata Niang remet en question la légitimité politique de son contradicteur à porter un jugement aussi catégorique sur les équilibres institutionnels. Elle estime que deux années passées dans les sphères de la communication et du protocole présidentiels ne suffisent pas à ériger un ancien conseiller en arbitre de la stratégie politique du chef de l'État.
 
 
Fatou DIOP
 
 
 
 
LES ECHOS

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