À Dalifort, le coordonnateur de la Jps et Directeur général de la Somisen a livré une vibrante leçon de militantisme politique, opposant l’engagement républicain à la simple citoyenneté passive. Dans un contexte marqué par des critiques internes sur une supposée léthargie du parti, Ngagne Demba Touré assume, défend et projette : Pastef, selon lui, est en mouvement permanent et reste fidèle à sa promesse de rupture systémique.
La salle était pleine, l’atmosphère studieuse mais électrique. À Dalifort, à l’initiative de la Jeunesse patriotique de la commune, Me Ngagne Demba Touré a animé une conférence politique au ton à la fois pédagogique et combatif, autour du thème : « Du devoir militant à la conscience républicaine : transformer l’énergie de la jeunesse en force constructive de la Nation ». Mais au-delà de la réflexion théorique, l’intervention du coordonnateur de la Jeunesse patriotique sénégalaise (Jps) avait un objectif clair : répondre aux accusations de léthargie visant le parti Pastef et recadrer le débat.
Citoyen ou militant : une frontière politique assumée
D’entrée de jeu, Ngagne Demba Touré pose le socle idéologique. Pour lui, la confusion entre citoyenneté et militantisme est l’une des causes majeures des malentendus politiques actuels. « Le citoyen, dans sa forme classique, est passif. C’est la citoyenneté civile. Le militant, lui, franchit un palier : il s’engage activement pour le fonctionnement et la transformation de la Nation », explique-t-il.
Pastef, ou la réhabilitation de la noblesse politique
Face à une audience majoritairement jeune, Ngagne Demba Touré revendique sans détour l’héritage politique de Pastef.
« C’est Pastef qui a anobli la chose politique au Sénégal », affirme-t-il, rappelant un renversement fondamental des pratiques anciennes. À ses yeux, le parti fondé par Ousmane Sonko a rompu avec une tradition où les militants étaient financés, transportés et rémunérés pour leur présence. « Le meeting de Dakar Arena a été payant, et pourtant il a été un succès. Avant, c’étaient les politiques qui payaient les militants. Aujourd’hui, ce sont les militants qui financent la politique qu’ils croient juste », souligne-t-il. Pour lui, cette rupture explique pourquoi Pastef a réussi à installer dans la conscience collective une autre manière de faire de la politique, fondée sur la sincérité de l’engagement et non sur la distribution de billets.
« Si Pastef était léthargique, il ne dérangerait personne »
C’est sur ce point que le responsable politique répond frontalement aux attaques internes et externes sur une prétendue léthargie du parti depuis son accession au pouvoir.
«Le parti n’est pas en léthargie. Il s’active tous les week-ends», tranche-t-il. Selon lui, confondre discrétion organisationnelle et inaction relève soit de l’impatience politique, soit de la mauvaise foi. «Aucune carte de membre n’est disponible aujourd’hui non pas par immobilisme, mais parce que le processus de confection est en cours», explique-t-il, appelant à la retenue et à la responsabilité des cadres. L’objectif est ambitieux, «dépasser le million d’adhérents d’ici le 31 décembre 2026 et mettre en place 10 000 cellules à travers le Sénégal. Un parti qui prépare une telle architecture ne peut pas être qualifié d’endormi », réplique-t-il.
Pour lui, l’arrivée de Pastef au pouvoir impose une responsabilité historique : ne pas trahir cette jeunesse. « Les Sénégalais attendent de nous la rupture systémique promise », affirme-t-il, insistant sur la nécessité d’une veille patriotique permanente.
Justice, reddition des comptes et rupture des mentalités
Sur la question sensible de la reddition des comptes, Ngagne Demba Touré se montre inflexible. « La justice n’est pas négociable. Justice doit être rendue aux martyrs », lance-t-il, rejetant toute pression sociale ou familiale visant à protéger d’anciens dignitaires. Il appelle la jeunesse à assumer pleinement ce changement de paradigme, même lorsqu’il bouscule les habitudes. « Nous devons changer les mentalités. La politique ne peut plus être un refuge d’impunité ».
A l’en croire, Me Ngagne Demba Touré adresse un message direct aux militants et responsables du parti. « Pastef n’est pas dans l’agitation stérile, mais dans la construction méthodique d’un nouvel ordre politique», rappelle-t-il, convaincu que le parti au pouvoir n’a pas fini de surprendre.
Baye Modou SARR